Quelles évolutions pour le marché mondial des voitures électriques ?

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Quelles évolutions pour le marché mondial des voitures électriques ?
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S’il s’agit juste de se demander si les voitures électriques seront dominantes, alors la question est vite réglée : Oui ! Cela ne fait pour moi presque aucun doute. Les voitures électriques sont le futur de l’automobile. Mais est-ce que le marché sera dominé par l’électrique en à peine une décennie ? Est-ce que la transition entre transport à énergie fossile et énergie propre sera bien plus rapide ? Cela peut paraître fou, mais en se penchant un peu sur la révolution en marche, on aura peut-être quelques surprises en 2030 !

La Terre voit ses réserves de pétroles diminuer. C’est un fait. Mais beaucoup de spécialistes pensaient, lors du siècle dernier, que les ressources pétrolières auraient déjà atteint un seuil critique aujourd’hui. Pourtant, on en est encore pas là. En grande partie grâce à de nouvelles techniques comme la fracturation hydraulique, pompage en eau profonde, etc. Au final, il y a bien plus de pétrole qu’on le pensait il y a quelques décennies. Mais si au lieu de ne plus avoir assez de pétrole, on décidait simplement de ne plus en consommer …

En 2016, il y avait plus d’un milliard de véhicules sur les routes dans le monde et seulement 0.1% d’entre elles étaient électriques. Des prévisions indiquent qu’en 2040, il y aura seulement 1% de voitures électriques. Une très faible augmentation ! Mais permettez-moi d’en douter !

Est-ce que vous connaissez les courbes en S ? Elles servent à prédire la vie d’un nouveau produit (Ordinateur, smartphone, TV, etc.) en fonction de la demande (Axe Y) et du temps (Axe X). Une courbe S commence lentement, car peu de personnes sont intéressées, puis décolle lorsque le produit touche le public et le marché finit par en être saturé, ce qui aplanit la courbe en haut du graphique. On obtient alors une forme de S :

courbe en S the flaresMais prédire la courbe en S des voitures électriques est extrêmement compliqué, car il s’agit de faire des hypothèses sur la demande d’un type de véhicule qui n’existe encore pas vraiment. (Ou en très petite quantité). Donc c’est hyper imprécis. C’est un peu comme faire la courbe en S des voitures volantes. Ce qu’une voiture électrique doit atteindre pour concurrencer le moteur à combustible c’est : Vitesse et puissance, autonomie, espace et prix abordable. Jusque très récemment, les voitures électriques étaient plus ou moins des cadis de golf, mais un nouvel acteur est entré en jeu : TESLA, crée par l’entrepreneur Elon Musk. Qui pour rappel, est également à la tête de SpaceX. C’est probablement un des hommes qui tente le plus de changer le monde pour le meilleur et de faire avancer l’humanité. Son but avec Tesla est d’accélérer la transition énergétique de l’automobile en créant des voitures électriques de très haute qualité. Il a commencé par un 1er modèle sorti 2008, le Tesla Roadster qui est une voiture de sport cher, haut de gamme et faiblement produite. Ensuite est venu le modèle S, qui est une berline, moyenne gamme, produite en quantité. Le modèle X est un SUV du même niveau de gamme que le modèle S. Et en 2016, la société a présenté sa nouvelle voiture, la 3e phase du plan d’Elon Musk : Le modèle 3 qui est destiné à la production de masse et abordable financièrement. La logique est claire et très intelligente. Touché les plus fortunés en 1er avec une voiture de sport puis descendre les prix pour toucher le plus grand nombre en passant par la berline 7 portes, un SUV, et enfin la petite voiture 5 portes bien plus accessible financièrement. D’autres sont en préparation pour atteindre vraiment un tout public. Avec le modèle 3, l’autonomie est de 345km par recharge et disposant de la technologie supercharge (recharge complète en 75 minutes), de 0 à 100km/h en moins de 6 secondes et 5 véritables places (car aucun moteur donc forcément, ça libère de la place !). À partir de 30 000€, le modèle 3 entre en production en 2017 et les précommandes flirtent déjà avec les records ! Autrement dit, le début de la courbe en S qui prévoit une montée de la demande assez lente.

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Et Tesla a mis en place des stations de recharge à énergie solaire partout dans le monde qui sont gratuites, à vie. Autrement dit, à chaque fois que vous rechargez votre Tesla, c’est sans aucuns frais et vous roulez littéralement avec l’énergie du soleil. Le prix de départ est peut-être plus élevé qu’une petite Peugeot ou autres, mais à long terme, ça vaut carrément plus le coup !

Du coup, les autres entreprises automobiles majeures sont en train d’investir des milliards dans les voitures électriques. Cette concurrence saine précipite les choses. D’ici 2020, les voitures électriques seront plus sûres, moins chères, plus pratiques et plus rapides. Cela pourrait être le moment où la courbe grandit d’un coup avec une demande qui explose. Pour engendrer un crash pétrolier, pas besoin de supprimer toutes les voitures à combustibles. Il suffit juste de les réduire suffisamment pour causer un amas de pétrole que personne ne veut. Si on regarde le choc pétrolier qui a commencé en 2014, il est dû à un trop plein de production pour une demande qui n’a pas suivi. Si les voitures électriques trouvent leur public, alors la production de pétrole finira simplement dans des millions de barils non utilisés.

Tesla est en plein chantier sur la constriction de mega-usine. En 2016, la firme automobile a vendu environ 50 000 voitures. Leur objectif est d’arriver à 500 000 en 2020. Si l’on suppose qu’ils y arrivent et que d’autres constructeurs partagent le marché de l’électrique, les choses vont s’emballer. En considérant qu’une voiture consomme environ 15 barils de pétrole par an, nous n’allons pas tarder à voir arriver un nouveau choc pétrolier début de la prochaine décennie. La demande va baisser petit à petit, puis d’un seul coup de manière fulgurante. Des trillions de dollars investit dans la production de pétrole vont partir en fumée aux dépens des trillions investit dans les moteurs électriques. Et si on se projette un peu plus loin, disons 2050, toutes les voitures produites seront électriques. Les seuls modèles roulant à l’essence seront nos vieilles voitures produites aujourd’hui. Et elles seront pointées du doigt.

Alors bien sûr, cela ne fait que commencer. Les prix des voitures électriques doivent encore baisser, les stations de recharge ne sont pas présentes en quantité suffisante pour quadriller les réseaux routiers, et les pays en développement comme la Chine où l’Inde vont probablement encore se tourner vers le pétrole.

Mais imaginez un instant, un futur où les rues grouillantes de New York ou Pékin se retrouvent soudainement plongées dans le silence des moteurs électriques… cela pourrait venir bien plus vite que vous le pensez !

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