2026 : La courbe la plus importante en IA

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Sommet de l’IA en Inde, février 2026:  “Le monde n’est pas prêt. Le décollage va être plus rapide que ce que je pensais initialement.” – Sam Altman, patron d’OpenAI, un des leaders de l’IA.

Pour comprendre ses propos, il faut revenir à cette image qui date de 2015: 

Une manière marrante de dire : “l’IA, un jour, ça va exploser.”

Sauf que fin 2025, METR, une organisation indépendante qui mesure les capacités des IA, publie ce graphique… 

Et là… j’ai eu comme un vertige.

Parce que cette courbe verte, beaucoup d’experts en IA la scrutent aujourd’hui avec angoisse.

Je vais vous raconter ce que cette courbe mesure vraiment. Pourquoi elle nous mène tout droit au “décollage” dont parle Altman et surtout, ce qui se passe le jour où elle franchit une ligne rouge dont des chercheurs parlent depuis des décennies.

Mais d’abord, il faut remonter à une légende Indienne de plus d’un millénaire.

1 : Le jeu de l’intelligence

Il y a bien longtemps, en Inde, le roi Balhait s’ennuie profondément. Alors il convoque ses savants et leur lance un défi : “Inventez-moi un jeu digne de mon intelligence.”

Quelques jours plus tard, un sage nommé Sissa lui présente sa nouvelle invention : Un plateau de 64 cases avec 16 pièces par joueur.

Le roi joue. Une partie, puis une autre. Et très vite, il comprend. Ce jeu qui a l’air simple… révèle en fait l’intelligence…

Gary Kasparov jouant aux échecs est une rockstar du cerveau. Champion du monde. Onze ans au sommet. Dans son domaine, il est l’équivalent d’un athlète olympique. Et puis, en mai 1997… Une machine le bat. Un programme spécialisé vient de vaincre l’humain le plus fort sur le jeu qui, depuis Sissa, symbolise l’intelligence. Est-ce que ça veut dire que l’IA est devenue notre égale ?

On imagine souvent les compétences d’une IA comme un cercle qui grandit doucement. Petit à petit. Jusqu’à recouvrir tout ce qu’un humain sait faire.

Sauf que la réalité n’a jamais ressemblé à ça. On a des modèles capables d’écrire, d’analyser une image et de comprendre un discours avec brio, mais qui, l’instant d’après, trébuchent sur des erreurs qu’aucun humain ne ferait.

On se trouve avec un blob. Une forme irrégulière. Donc non, on n’a pas créé un “humain artificiel”. On a créé un truc beaucoup plus étrange. Et c’est précisément ça qui trompe les gens. Pourquoi ?

Parce que beaucoup testent l’IA sur une pointe du blob où elle est encore faible, puis concluent : “Ah ok, ces IA sont pas si impressionnantes que ça, c’est juste des chatbots ou des moteurs de recherches sous stéroïdes.”

Le chatbot, c’est la fenêtre. Pas l’intelligence.

C’est comme si on échangeait uniquement par message, vous pourriez en déduire : “Ce type a une sacré culture générale, mais bon, il sait juste envoyer des textos.”

Alors qu’en réalité, je peux aussi compter deux par deux et lacer mes chaussures.

Une fois que ce blob aura englouti nos capacités, on sera bien avancés de savoir qu’il galère encore sur deux ou trois détails. Cela ne l’empêchera pas d’être surhumain.

Le chatbot n’est pas le réseau de neurones. Derrière l’interface, il y a une intelligence qui peut être branchée sur d’autres outils, d’autres boucles d’action, d’autres objectifs. Et là, elle cesse d’être un simple oracle qui répond à nos promptes. Elle devient un agent.

Et ça, c’est crucial pour la suite, parce que la courbe verte ne mesure pas si l’IA “parle bien le français”. Elle mesure quelque chose de bien plus important.

2 : La courbe de METR

Après plusieurs parties contre son fils, le roi Balhait est satisfait.

“Mon héritier est intelligent.” dit-il. “Mais un roi doit surtout être fiable.”

Alors il le teste. Au début, il revient toutes les cinq minutes pour corriger.

Puis, avec le temps, il revient toutes les heures…. Le jeune prince progresse.

Un jour, il lui confie une mission longue, de plusieurs jours. Quand il revient, le travail est fait.

Ce n’est pas un sans faute, mais c’est correct. Et surtout : sans supervision. Son fils n’est plus seulement intelligent. Il devient autonome.

C’est exactement ce que cette courbe verte représente. Le graphique vient de METR, une organisation indépendante qui teste les modèles les plus avancés, les modèles frontières.

Eux, leur obsession, c’est la même que celle du roi. Pas l’intelligence apparente. Mais l’horizon d’autonomie.

Voici comment ils mesurent ces capacités agentique.

Ils prennent des tâches réelles, souvent en programmation. Ils demandent à des experts humains de les accomplir. Puis ils demandent à l’IA de faire la même chose.
Enfin, ils regardent à partir de quelle durée l’IA atteint un taux de réussite d’au moins 50% par rapport à la moyenne des experts humains.

L’axe vertical du graphique, c’est du temps de travail humain équivalent. Et l’axe horizontal, c’est la date de sortie des modèles.

Mais attention, une tâche d’une heure pour un humain ne prend pas forcément une heure à l’IA. En réalité, selon la tâche et le matériel, elle peut s’exécuter des milliers de fois plus vite.

En gros ce qui est mesuré c’est : combien de temps de travail humain qualifié une IA peut assumer toute seule, en s’auto-corrigeant.

Et quand on regarde l’évolution… on commence à comprendre ce qui donne le vertige.

En 2022, avec GPT-3.5, on est sur des tâches de quelques dizaines de secondes. En 2023, GPT-4 monte à quelques minutes. Début 2025, Claude 3.7 sonnet atteint l’ordre de l’heure sur certains types de correction de bug. Et fin 2025, Claude Opus 4.5 dépasse les cinq heures. Cinq heures.

À ce stade, ce n’est plus “un assistant qui répond”. C’est un système à qui tu peux confier une demi-journée de travail technique.

Et là, METR observe une chose encore plus importante que les chiffres eux-mêmes. Une tendance qui se manifeste depuis 2019. La courbe suit une trajectoire prévisible, ce qui nous permet d’en extrapoler le futur. Pourtant, le plus frappant n’est pas sa croissance. C’est la forme de la progression. Une forme que le roi Balhait a découvert à ses dépens.

3 : Exponentielle

Un mois après avoir reçu l’échiquier, le roi convoque à nouveau Sissa. Pas pour jouer. Pas pour discuter stratégie. Juste pour le récompenser.

« Demande-moi ce que tu veux, et si c’est raisonnable, je te le donnerai ! »

Sissa s’incline. Et il répond : “Sire… je veux du riz.”

Le roi cligne des yeux : “Du riz ? C’est tout ?”

Sissa pointe l’échiquier.

“Posez un grain sur la première case. Deux sur la deuxième. Quatre sur la troisième…Et doublez à chaque case.”

Le roi éclate de rire. Il est presque vexé: “Tu m’offenses. Ta demande est trop petite pour ma générosité.”

Et c’est là que l’histoire bascule. Parce que le piège n’est pas sur les premières cases. Le piège, c’est le doublement.

Cette courbe, c’est la même logique.

Pas avec du riz. Mais avec de l’autonomie. Du temps de travail. Au début, c’est ridicule. Quelques secondes. Quelques minutes. On regarde et on dit : “Bon… ok. Les IA sont nuls.” Mais ce qu’il faut regarder, c’est la tendance.

C’est ça que METR a découvert: Tous les 7 mois, une IA peut accomplir une tâche 2 fois plus longue. Sauf que si le doublement continue, le changement de régime arrive d’un coup. Et on perd vite le sourire, tout comme le roi Balhait en voyant ses scribes et mathématiciens compter les grains de riz. Au début, tout allait bien :

Case 10 : une poignée (512 grains ). Case 20 : Un sac (524 288 grains). Case 30 : un petit entrepôt (environ 537 millions de grains). Mais soudain, les visages des savants devinrent livides. “Sire, on a besoin de plus de riz”. Le roi ouvre les greniers. Puis il convoque les provinces. Puis il mobilise le royaume entier. Et même là… ce n’est pas assez.

Arrivé à la dernière case, le nombre de grains atteint un nombre que je ne tenterai pas de prononcer: (18,446,744,073,709,551,615). ça représente une montagne de riz plus haute que l’Everest, ou la production mondiale de céréales de l’humanité entière pendant plus de 2 000 ans.

Échec et matte pour le Roi. Ce qu’il ignorait, c’est que Sissa travaillait en réalité pour le roi voisin. Ennemi juré de Balhait qui a eu raison de lui. Parce que le cerveau humain comprend très mal les exponentielles. On comprend les lignes droites. On comprend “un peu plus chaque semaine”. Mais les exponentielles, on les sous-estime jusqu’au moment où elles deviennent verticales.

Comme sur cette image. 

Pourquoi c’est important ? Parce qu’une IA qui peut travailler 30 secondes, c’est un gadget. Une IA qui peut travailler 8 heures sur une tâche technique, c’est un collègue. Une IA qui peut travailler 24 heures, se corriger, relancer, tester, recommencer… ça devient autre chose. 

Et si la courbe verte continue… on peut anticiper quand cela pourrait arriver.

4 : Le décollage

Faisons comme les scribes du roi. On prolonge la tendance. Juste pour voir. Si ça continue au rythme observé jusqu’ici, on s’attendrait à atteindre une journée de travail humain dans environ 6 mois.

Et là, je me suis dit : ok. On va vérifier avec le réel. Pas avec une projection. Parce que METR a publié une mise à jour fin février 2026.

Voici la nouvelle courbe… quoi ? Claude Opus 4.6. 12 heures.

METR a déclaré que l’horizon d’autonomie double désormais tous les 4 mois. Ça s’accélère.

Le concept de décollage rapide a été popularisé au début des années 2000 par Eliezer Yudkowsky. Puis repris en 2014 dans le livre Superintelligence de Nick Bostrom. Il s’agit d’une explosion d’intelligence où une IA passe de niveau humain à super intelligente très rapidement, par opposition à un décollage lent progressif sur des années ou décennies.

En 2022, Sam Altman postait ce tweet 

Je pense que les preuves actuelles pointent vers des échéances courtes et un décollage lent, ce qui est aussi, selon moi, le cadran le plus sûr”.

Aujourd’hui, il a clairement changé d’avis sur le décollage. Pourquoi ?

Car il est aux premières loges pour voir cette courbe se concrétiser. Tout comme Dario Amodei qui confiait récemment : “Il y a 6 mois j’ai fait cette prédiction que 90% du code serait écrit par Claude. Aujourd’hui, c’est absolument vrai”.

J’ai dîné avec un employé d’Anthropic qui m’a confirmé la même chose.

Est-ce que c’est juste du blabla pour ajouter quelques milliards d’investissement. Peut-être, mais ne les jugez pas trop vite. Car ils se trouvent dans le carré rouge. 

Cet échiquier ce n’est pas celui de Sissa, c’est celui de l’humanité : chaque case représente 3,2 millions de personnes. En gris, la masse de ceux qui n’ont jamais touché à l’IA. En vert, les utilisateurs des versions gratuites. En jaune, les abonnés payants. Et en rouge ? C’est ceux qui exploitent toute la puissance de Claude Opus 4.6. Ils ne sont que 0,04 % de la population… (estimation)

Donc on a environ 3 millions de personnes qui sont confrontés quotidiennement aux capacités de pointe. Pendant que le reste du monde pense que “l’IA”, c’est la version gratuite de chatGPT. Et ça inclut assurément les politiciens. Comment voulez-vous qu’on mette en place le moindre encadrement politique quand les gens ont une vision aussi déformée de l’évolution de l’IA ?

C’est comme si, en 1903, alors que le monde découvrait à peine le premier vol des frères Wright, une entreprise cachait déjà une fusée prête à décoller pour la Lune la semaine suivante.

Tant que la majorité croit qu’on est encore au début… personne ne sent qu’on s’approche de la case où les règles du jeu changent. Personne ne sent qu’on approche de la ligne rouge.

5 : La vraie ligne rouge 

Souvenez-vous de ce que mesure METR : pas “l’IA qui a 20 au bac”. Mais des tâches techniques. Souvent en programmation.

Si on extrapole, dans 4 mois, les IA pourront faire des tâches qui prennent 24 heures, dans 8 mois, 48 heures… et ce n’est pas dit que le doublement lui ne va pas doubler !

Et là, on se rapproche de la vraie zone dangereuse. Parce que quand cette courbe monte, elle ne se rapproche pas seulement du métier “développeur”. Elle se rapproche du cœur du moteur. Des algorithmes d’apprentissage. Des pipelines de recherche. Des systèmes d’entraînement. Bref : les outils qui servent à fabriquer les prochains modèles.

Et à partir de là, une boucle se referme. Des humains construisent une IA. Cette IA aide à construire une IA plus performante. Cette IA plus performante aide à construire la suivante. Puis la suivante.

Au début, ça ressemble à de la productivité. Puis à de l’accélération. Puis, sans qu’on s’en rende compte… ça change de régime. Ce n’est plus nous qui fixons le rythme.

Et c’est ça la ligne rouge : le moment où la recherche en IA commence à tourner plus vite que notre capacité à comprendre ce qu’on est en train de construire… 

L’intelligence est une des forces les plus transformatives qui soit. Il faut lui accorder du respect. Foncer à l’aveugle vers l’inconnu est une prise de risque inconsidérée.

CONCLUSION : 

Mon but n’est pas de vous faire peur… Quoi que, la peur est probablement une émotion raisonnable compte tenu des circonstances. Je veux surtout que vous preniez conscience que le monde est probablement sur le point de changer très rapidement. Ça me rappelle quelque chose… pas vous ?

Fermez les yeux une seconde. Essayez de vous souvenir de la période fin 2019. Début 2020. Vous êtes où ? Qu’est-ce que vous faites ?

Moi, Je me rappelle un instant précis. C’était à Sydney. La télé diffusait des infos de Pékin. Les images parlaient d’elles-mêmes : des hôpitaux saturés, des visages masqués par la panique… et des morts.

À ce moment précis, le monde était divisé en deux.
Ceux qui disaient : “C’est juste un virus localisé, pas de quoi paniquer.”
Ceux qui disaient : “Ça va devenir une pandémie mondiale.”

Remettez-vous dans votre état d’esprit de l’époque. Honnêtement, que pensiez-vous ?

Mon optimisme naturel m’a empêché de voir clairement l’exponentielle. Je ne voulais pas d’une pandémie. Je ne voulais pas que ma vie change. Aujourd’hui, avec l’Intelligence Artificielle… nous sommes en janvier 2020.

La vraie question que nous devons nous poser, en tant que société, c’est : Voulons-nous vraiment construire une entité capable de modifier son propre code source, sans aucune supervision humaine ? Une machine qui peut s’auto-améliorer à une vitesse incompréhensible, et que nous n’aurons aucun moyen physique ou intellectuel d’éteindre si ses objectifs ne sont plus alignés avec notre survie ?

Et là, je reviens une dernière fois à Sissa.

Dans la légende, le danger n’est pas sur la 64e case. Le danger, c’est le moment où le roi dit “oui”… sur la première. Et nous, on est encore à ce moment-là. C’est pour ça que ce sujet ne peut pas rester une discussion interne entre milliardaires et une poignée d’ entreprises privées. Il faut des lignes rouges. Des règles. Des garde-fous.

Passez à l’action : utilisez ce lien (https://taap.it/TF-PauseIACampagnes) pour interpeller vos élus et envoyez le modèle de lettre préparé, c’est très facile. Ne sous-estimez pas l’impact de cette démarche : les politiques se soucient de ce que pensent leurs citoyens. Un mail est une goutte d’eau, l’effet de masse, lui, est un véritable levier de pression.

Et si vous voulez aller plus loin et peser sur la transition vers la Superintelligence, je vous mets aussi le lien du portail de notre ami “Le Futurologue”. Il y a plein de ressources pour s’impliquer concrètement.

C’était Gaëtan de The Flares. L’avenir est une nuit noir dans la quelle nous ne pouvons pas avancer aveuglement. Merci et à la prochaine.

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