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Jusqu’à preuve du contraire, aucun humain n’a atteint 200 ans. Par contre, on sait qu’un humain peut vivre jusqu’à 122 ans, et des centaines de personnes ont passé le cap des 110. C’est donc notre potentiel connu. La question est de savoir s’il est possible pour tout le monde d’atteindre ce cap en restant en bonne santé. Car nous vivons beaucoup plus longtemps qu’au 18e siècle. Mais pas beaucoup mieux. Pour la plupart d’entre nous, quand nous imaginons vivre jusqu’à 100 ans, on se dit “non merci”, car nous avons vu à quoi ressemblent ces dernières décennies, et pour la plupart des gens, elles ne sont pas très attrayantes. Respirateurs et cocktails de drogue. Fauteuils roulants et couches-culottes. Chimiothérapie et radiothérapie. Chirurgie après chirurgie après chirurgie. Nous mourons lentement et dans la souffrance. Les habitants des pays riches passent souvent une décennie ou plus à souffrir de maladie en maladie jusqu’à la fin de leur vie.

Mais est-ce que c’est inévitable ? Et si nous pouvions être plus jeunes plus longtemps? Pas des années de plus, mais des décennies de plus. Et si ces dernières années n’étaient pas si différentes que les années qui les ont précédées ? Pourquoi la vieillesse devrait forcément être synonyme avec maladie, douleur et faiblesse. Ce sont ces questions que de plus en plus de biologistes tentent de résoudre.

Dans les années 60, lorsque la recherche sur le cancer n’en était qu’à ses débuts, le but était d’empêcher les tumeurs de se répandre et d’améliorer la vie des patients. Presque personne ne s’intéressait aux causes du cancer, prétendant que c’était juste une maladie qui fait partie du cycle du vivant. Ceux qui cherchaient à en trouver les causes et qui osaient parler d’éradication du cancer étaient marginalisés. Les gens vieillissent, certains développent un cancer et le mieux que l’on peut faire est de traiter les symptômes du mieux qu’on peut. Point final.

Aujourd’hui, les causes génétiques du cancer sont bien comprises et en l’espace de quelques décennies, nous avons complètement changé notre façon de penser le cancer. Nous ne considérons plus son inévitabilité dans le cadre de la condition humaine. Grâce à de nouvelles techniques comme l’immunothérapie, les décès globaux par cancer aux États-Unis ont diminué de 27% entre 1991 et 2016, et continuent de chuter. C’est une victoire mesurée en millions de vies.

La recherche sur le vieillissement en est au même stade que la recherche sur le cancer dans les années 1960. Nous avons une solide compréhension de ce à quoi ressemblent le vieillissement et ces symptômes. Mais cherché à en trouver les causes et essayer de l’éradiquer et perçu comme futile et regardé avec hostilité. Le vieillissement n’est tout simplement pas considéré comme une maladie dans aucun pays. Pourtant c’est la cause principale de mortalité dans le monde, et nous sommes tous infectés par cette condition. Le biologiste Australien David Sinclair travail depuis plus de 30 ans sur les causes du vieillissement et a publié ses théories dans son livre “Lifespan”. Du coup cet épisode repose en grande partie sur ce livre que je vous recommande. Il devrait surement être traduit en français si ce n’est pas déjà le cas.

Alors on ne va pas trop entrer dans les détails sur les causes du vieillissement, mais il est admis par la majorité des experts qu’il existe 9 causes primaires :

  • Lésions du génome et de l’ADN
  • Réduction des télomères
  • Dégradation de l’épigénétique
  • Mauvais repliement des protéines
  • Dysfonctionnement des mitochondries
  • Mauvaise détection des nutriments
  • Sénescence des cellules
  • Épuisement des cellules souches
  • Signalisation intercellulaire et inflammation

Je vous conseille de regarder cette playliste de long long life si vous voulez plus de détail sur ces causes. David Sinclair quand a lui a mis au point la théorie de l’information sur le vieillissement. Selon lui, nous devenons vieux et sensibles aux maladies parce que nos cellules perdent de l’information non pas au niveau génétique, mais épigénétique. L’ADN stocke les informations avec les 4 lettres ATCG, ce qui peut être vu comme un format numérique, tandis que l’épigénome les stocke au format analogique, et est donc sujet à l’introduction de dégât physique. Une métaphore appropriée c’est celle du DVD. L’information sur le DVD est numérique, mais le DVD lui-même est analogique. Le vieillissement est similaire à l’accumulation de rayures sur le disque, de sorte que les informations ne peuvent plus être lues correctement.

Pour traiter le vieillissement à sa cause, il faut donc redonner aux cellules les informations qu’elles avaient lorsque la personne avait 20 ans, et qui sont en partie perdues. Et des traitements sont déjà en bonne voie. Par exemple, un symptôme courant du vieillissement c’est une baisse de la vue. Selon la théorie de David Sinclair, c’est parce que les cellules du nerf optique ont perdu certaines informations épigénétiques lors de leurs multitudes duplications au fil des années, si bien qu’à force, on voit moins bien. Les chercheurs de son laboratoire ont réussi à rajeunir les cellules du nerf optique de vieille souris. Si nous pouvons réparer les nerfs optiques, il n’y a vraiment aucune raison de penser qu’il n’est pas possible de rajeunir d’autres cellules du corps. Du foie au rein, en passant par le cœur, la peau et le cerveau. Rien que si quelques-unes des thérapies et des traitements les plus prometteurs se concrétisent, ce n’est pas déraisonnable d’envisager que quiconque en bonne santé aujourd’hui ne puisse atteindre les 100 ans.

Mais faisons une petite expérience de pensée pour savoir quel pourrait être notre espérance de vie basée sur les avancées récentes, et à venir. Déjà on sait que le mode de vie d’une personne influence grandement la façon dont on vieillit. Manger des chips toute la journée en regardant la TV, en fumant 3 paquets de clopes et en s’enfilant une bouteille de whisky n’est pas idéal pour optimiser la survie de l’organisme. En revanche, faire de l’exercice au lieu d’être oisif, s’exposer au froid au lieu d’être toute le temps confortable, manger moins ou pas de viande et jeûner au lieu de s’empiffrer s’est révélé augmenter la longévité en bonne santé des souris à plusieurs reprises. C’est donc un mode de vie recommandé, mais vous faites ce que vous voulez. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en stressant physiquement le corps, que ce soit avec de l’exercice, le froid ou la faim, il entre en mode protection ce qui entraîne une meilleure santé sur le long terme. Après vingt-cinq ans de recherches sur le vieillissement et des milliers d’articles scientifiques, s’il y a un conseil à retenir, un moyen sûr de rester en bonne santé plus longtemps, et maximiser votre durée de vie dès aujourd’hui, c’est manger moins. Cela ne veut pas dire malnutrition ou famine. Juste jeûner. Le jeûne intermittent est particulièrement préconisé. Il s’agit simplement de manger uniquement pendant une période de la journée, par exemple de midi à 7h, et ensuite de ne pas manger jusqu’au lendemain midi. En gros, sauter un repas. Ce qui fait que le métabolisme est dans un état de restriction calorique qui active tout un tas de mécanismes de survie réparant et protégeant les cellules. Notamment l’autophagie, qui recycle les protéines endommagées. Mais je vous laisse faire vos propres recherches sur le sujet et surtout ne prenez pas mes paroles pour sacré. Je ne suis pas médecin ni nutritionniste.

Par contre, les chercheurs ont trouvé des molécules qui produisent le même effet que la restriction calorique. David Sinclair pense que les premiers traitements officiels contre le vieillissement seront ces molécules que l’on pourrait prendre quotidiennement dans des pilules. Cela pourrait arriver dans la prochaine décennie. Un bon mode de vie + ces pilules pourraient nous faire gagner, disons 10 ans de bonne santé.

Ensuite viennent les révolutions dans la médecine biométrique. Le séquençage à bas coût de l’ADN alertera bientôt les médecins bien avant que les maladies génétiques ne deviennent sévères. Nous identifierons et commencerons à combattre le cancer des années plus tôt. Si vous avez une infection, elle sera diagnostiquée en quelques minutes par votre smartwatch. Si votre rythme cardiaque est irrégulier, votre siège auto vous le fera savoir. Un analyseur d’haleine détectera une maladie qui se développe. Votre clavier signalera les signes précoces de la maladie de Parkinson ou une sclérose en plaques basée sur votre façon d’écrire. Une application vous donnera des infos sur votre taux de cholestérol, le niveau de fer, calcium et autre nutriment en temps réel. Juste une seule de ces innovations pourrait nous donner des décennies de vie prolongée en bonne santé. Disons, pour la jouer prudent, que tous ces développements combinés nous donnent une décennie. Cela fait donc 20 ans de plus en bonne santé.

Combien de temps faudra-t-il avant que nous puissions réinitialiser notre épigénome, soit avec des molécules que nous ingérons ou en modifiant génétiquement notre corps, comme pour le nerf optique chez la souris? Combien de temps avant que nous puissions détruire les cellules sénescentes, soit par des médicaments, soit par une vaccination pure et simple? Combien de temps avant que nous puissions remplacer des parties d’organes grâce à l’impression 3D ? Une vingtaine d’années. Peut-être trente. Cependant, une ou toutes ces innovations arriveront bien durant la durée de vie sans cesse croissante de la plupart d’entre nous. Et quand cela se produira, combien d’années en bonne santé allons-nous gagner ? Le potentiel pourrait être des siècles, mais disons que ce n’est que dix ans, encore une fois pour rester prudent. Cela fait donc en tout 30 ans supplémentaires d’espérance de vie en bonne santé.

La durée de vie moyenne dans les pays développés et aux alentours de 80. On ajoute 30 ans et on obtient donc une espérance de vie de 110 ans sans souffrir des symptômes du vieillissement. Pas mal. Et encore une fois c’est une estimation conservative. Mais considérez également que plus nous vivons longtemps, plus nous avons de chances de bénéficier d’avancées médicales radicales que nous ne pouvons pas prévoir. Ainsi, pour chaque mois que vous parvenez à rester en vie, vous gagnez une autre semaine de vie. Dans quarante ans, cela pourrait être deux semaines. Dans 80 ans, trois autres. Les choses pourraient devenir vraiment intéressantes vers la fin du siècle si, pour chaque mois que vous êtes en vie, vous vivez encore quatre semaines. C’est ce qui est appelé “Longevity escape velocity” ou en français la vitesse d’échappement de la longévité. C’est une situation hypothétique où les avancées technologiques et la recherche médicale permettent de prolonger l’espérance de vie plus vite que le temps qui passe. Et forcément passé ce point, la mort ne devient plus un passage obligé, mais un choix.

Lorsque les gens entendent parler de guérir le vieillissement, plutôt que de simplement traiter ses symptômes ou le ralentir, il n’est pas rare qu’ils expriment immédiatement les inquiétudes que nous «jouons à Dieu» ou «interférons avec Mère Nature». Peut être bien, mais si c’est le cas, ce n’est pas unique dans la lutte contre le vieillissement. Nous avons des maladies de toutes sortes que Dieu ou Mère Nature nous a données. Nous essayons de guérir toutes les maladies qui nous afflige, et le vieillissement est sans aucun doute, la plus féroce. Et évidemment, si on traite le vieillissement à sa cause, l’effet secondaire sera que la mort biologique ne tombera plus comme une épée de Damoclès. Et les implications qui en découlent aussi bien en terme économique, sociétal, éthique et psychologique sont nombreuses. Mais ça mérite une autre vidéo.

Référence :

Life span de David Sinclair

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