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Nous sommes une espèce curieuse, toujours à la recherche de réponses sur le monde qui nous entoure. Qui sommes-nous, d’où venons-nous, où va le soleil lorsqu’il franchit l’horizon, que se passe-t-il après la mort, qu’est-ce qui compose la matière, quels sont ces points lumineux la nuit dans le ciel, ou encore d’où vient la foudre? à vrai dire, plus on répond à des questions, plus on en a d’autres qui émergent donc cette histoire semble un petit peu sans fin.

Mais ça n’a pas empêché nos ancêtres de formuler des hypothèses. Et jusqu’à l’apparition de la physique moderne et de la méthode scientifique, on peut remarquer quand même que beaucoup des réponses visant à expliquer le réel étaient anthropocentristes. Ça tournait un petit peu beaucoup autour de notre nombril pour le dire autrement.

Nous sommes au centre de l’univers, le soleil tourne autour de la Terre, nous sommes au-delà du règne animal, la perfection divine, en faite, l’univers a carrément été créé avec nous en tête. Et le cours de l’histoire n’a pas forcément donné raison à toutes ses hypothèses.

Alors certes, certains individus avaient des intuitions plus ou moins correctes sur la réalité, mais d’une manière générale, on peut dire que l’humanité a fait preuve d’un manque d’humilité pendant des millénaires, jusqu’à ce que la science remette les choses en place avec la naissance de la méthode scientifique.

Et ce n’est pas vraiment une surprise lorsqu’on considère que les seuls outils dont nos ancêtres disposaient pour expérimenter la réalité étaient leurs sens. Lorsqu’on regarde le soleil tout au long d’une journée, il semblerait qu’il tourne autour de nous. Lorsque l’on fait tomber deux objets, il semblerait que le plus lourd tombe plus vite. Puisque nous sommes les seules à avoir la parole, il semblerait que nous soyons plus que des animaux. Nos intuitions sur la réalité se sont révélées fausses et pour une raison simple. La sélection naturelle n’a pas favorisé la compréhension objective du réel. Ce n’est pas utile pour la survie de l’espèce. Il a fallu des intuitions scientifiques remarquables, comme celle de Galilée sur la chute des corps ou Einstein pour la relativité restreinte en 1905 et également la construction d’appareil qui vont au-delà de la limitation biologique de nos sens, comme les télescopes, microscopes ou radar pour avoir une compréhension objective de la réalité.

On peut dire que chaque découverte qui donne une leçon d’humilité à l’être humain, c’est comme une blessure narcissique. Il y en a eu quelques-unes.

La révolution copernicienne qui a renversé l’idée que nous sommes aux centres de l’univers en passant du géocentrisme à l’héliocentrisme.

La révolution darwinienne qui a renversé l’idée que nous sommes au-delà du règne animal en montrant notre place dans l’évolution de la vie sur Terre.

La révolution freudienne qui a renversé l’idée que notre conscience est le siège unique de notre personnalité en indiquant le rôle de l’inconscient.

En faite, plus ça va, plus on se rencontre à quel point nous sommes insignifiant dans l’immensité de l’univers. Nous ne sommes pas la seule espèce intelligente, la Terre n’est pas le centre de l’univers, il y a potentiellement des milliards d’exoplanètes similaires à la Terre dans la galaxie, notre galaxie n’est qu’une parmi des centaines de milliards.

Si bien qu’on peut se demander quelles seront les prochaines blessures narcissiques de l’humanité au cours des siècles prochains. Je précise que la liste qui suit contient des théories qui sont encore spéculatives et je ne prétends pas qu’elles seront toutes démontrées comme décrivant objectivement la réalité.

La vie existe sur d’autres planètes :

Je pense que parmi toutes les blessures narcissiques potentielles que je vais citer, je parie que c’est celle qui arrivera en premier. D’ici 10 à 20 ans, il y a de fortes chances que l’on découvre des traces de vies microbiennes extra-terrestres. Soit par observations directes, soit par traces fossiles ou alors en détectant leurs présences dans l’atmosphère d’un astre. Ce qui est appelé des biosignatures. L’idée que la vie puisse exister ailleurs est devenue majoritaire dans la communauté scientifique, mais il nous manque la preuve irréfutable tant attendue. Ce sera un événement historique d’une ampleur ahurissante. Certains affirment que la découverte se fera sur Mars, d’autres pensent que les Lunes des géantes gazeuses sont de meilleurs candidats. En tous cas, ce sera une autre leçon d’humilité. La Terre n’est pas le seul endroit dans l’univers à abriter la vie.

Découverte d’une civilisation extra-terrestre :

On a longtemps pensé que l’être humain est ce qui se fait de mieux dans l’univers. Mais si l’on découvre l’existence d’une civilisation extra-terrestre, potentiellement plus avancé, alors nous pourrions en réalité, n’être que des fourmis cosmiques. Insignifiantes par rapport à ces créatures capables de choses dont nous n’avons même pas les capacités cognitives pour les imaginer. Cette découverte pourrait se faire via la détection d’un signal cosmique n’ayant aucune explication naturel. Ou alors en trouvant un artefact sur la surface d’un astre comme dans 2001 l’odyssée de l’espace. Ou encore grâce à une technosignature se trouvant dans l’atmosphère d’une exoplanète lointaine que l’on analyse. Voir carrément, l’arrivée d’un vaisseau initiant le 1er contact. Mais la, ce serait non seulement une blessure narcissique, mais peut être même une extinction, s’ils sont hostiles.

Notre Univers n’est pas unique :

La théorie du multivers suggère que notre univers n’est qu’un parmi une infinité d‘autres univers. Chacun ayant des constantes fondamentales différentes, ce qui a pour résultat des lois de la physique différente. Cette théorie rendrait notre univers un peu moins spécial, et ferait baisser considérablement l’hypothèse d’un Dieu-créateur. Donc pour les théistes, à moins de se raccrocher à l’idée que c’est Dieu qui a créé le multivers, ce serait une grosse blessure narcissique.

Notre vie n’est pas unique :

Une des interprétations de la physique quantique s’appelle “les mondes multiples” et a été proposée par Hugh Everett. Pour faire simple, si on reprend la fameuse expérience de pensée du chat de Schrodinger. Je place un chat dans une boîte opaque. Un mécanisme peut relâcher un poison dans 50% des cas. Donc le chat a une chance sur deux d’être vivant dans la boîte. Et les équations de la physique quantique nous disent que le chat est vivant ET mort simultanément, jusqu’à ce que j’ouvre la boîte pour vérifier, cassant ainsi ce qui est appelé la fonction d’onde. Mais un chat mort et vivant en même temps c’est pas trop commun dans le monde macroscopique. L’interprétation des mondes multiples propose l’idée que lorsque je mets le chat dans la boîte, il n’y a pas de superposition d’état mort et vivant, mais en faite, deux univers sont créés. Un univers où le mécanisme n’a pas relâché le poison. Un autre ou le poison est relâché. Donc un univers où je vais récupérer un chat mort, et un univers ou je vais récupérer un chat vivant. Ce qui fait que je me retrouve avec un double dans un univers parallèle. Et pas qu’un, puisque c’est potentiellement à chaque fois que je prends une décision que l’univers se duplique. Il y a donc une infinité d’univers contenant une infinité de nous-mêmes, vivant des vies quasi similaires ou complètement différentes. La série Rick & Morty repose d’ailleurs sur cette interprétation et c’est clairement une blessure narcissique. Peut-être la plus grosse !

Le libre arbitre est une illusion:

On a tous l’intuition d’être l’acteur de nos décisions. Mais, je n’ai pas choisi mes parents, je n’ai pas choisi d’être né en France, je suis dans l’incapacité de connaître l’état de chacun de mes neurones qui forme ma pensé, je ne sais pas pourquoi j’aime plus les pâtes que le riz, il n’y a pas une seule cellule dans mon corps que j’ai conçu, tout comme toutes les influences que j’ai reçues dans ma vie, pourtant, tout ce que je pense, crois et fais émergent de cet océan de cause primaire dont je ne peux pas être tenu pour créateur. Il ne semble pas y avoir de place pour le libre arbitre. Si je lis un article qui change mon avis sur un sujet, ce ne sera pas grâce à mon libre arbitre. Et si vous pensez que ce que je dis est ridicule, ce n’est toujours pas un choix de votre part. Vous ne savez pas pourquoi vous pensez ce que vous pensez. Nous sommes comme des algorithmes incapables de voir notre code, ou des marionnettes n’ayant pas conscience des ficelles. C’est en tous cas la proposition de certaines philosophies comme le déterminisme dur. La responsabilité morale de nos actions repose sur la notion de libre arbitre donc si cette théorie venait à être prouvée sans équivoque, ce serait un choc à toutes les échelles de la société et une blessure narcissique indélébile.

Nous sommes dans une simulation:

Le philosophe Nick Bostrom a popularisé l’idée que nous pourrions être dans une simulation, et ce à travers un argument très bien construit et convaincant. Je ne vais pas rentrer dans les détails dans cette vidéo, faute de temps, mais l’idée de base est la suivante: si nous continuons à développer la puissance de calcul informatique et le photoréalisme du virtuel, alors nos descendants disposeront d’une telle capacité de calcul que les simulations créées seront indissociables de la réalité. Ces simulations pourraient être peuplées par des personnages virtuels conscients qui pourraient penser vivre dans un monde tout à fait réel. Dès lors comment pouvons-nous être sûrs que nous ne sommes pas nous-mêmes dans une de ces simulations appartenant à notre descendant. Assurément si nous faisons une découverte scientifique prouvant cette théorie, ce serait un sacré coup derrière la tête de notre narcissisme.

L’intelligence humaine n’est plus première:

La course pour créer une intelligence artificielle générale est lancée. Que cela prenne 20 ans ou un siècle, il n’y a aucune loi dans l’univers qui empêche l’intelligence générale d’émerger sur un support autre que biologique. Et une fois que nous aurons conçu une intelligence artificielle générale, elle ne deviendra pas aussi intelligente qu’un être humain puis s’arrêtera simplement d’évoluer. Il y a beaucoup plus de probabilité qu’elle continue à s’auto- améliorer pour devenir une super intelligence. L’humanité va donc perdre la pôle position dans la course à l’intelligence pour la première fois dans son histoire. Pas sûr qu’on le prenne bien.

L’âme n’existe pas et il n’y a pas d’au-delà:

Une des rares choses qui caractérisent profondément homo sapiens, c’est sa croyance au surnaturel avec en premier lieu, l’âme et l’au-delà. Quelque chose a dû se passer dans le cerveau de nos ancêtres pour qu’ils se mettent à enterrer les morts et s’adonner à des rituels. Pendant longtemps, le dualisme entre corps et esprit, matériel/immatériel, était le courant de pensée dominant. Mais les propositions religieuses allant du paradis éternel aux cycles de réincarnation sont confrontées désormais avec la méthode scientifique. Si bien que l’absence de preuve discrédite ces propositions. Mais il n’empêche qu’elles demeurent très ancrées dans l’inconscient collectif. Sans avoir de pourcentage précis, il n’est pas inconcevable qu’au moins la moitié de la population humaine croit en l’âme et sa survie après la mort du corps. Si on rassemble tous les chrétiens, musulmans, hindous et Juifs, ça fait pas mal de monde. Alors je sais bien que c’est dans le domaine de la croyance, et pour ceux qui y croient, ils n’ont pas besoin de preuve scientifique. Mais si l’on est intéressé par les vérités objectives du réel, alors on se doit de questionner nos croyances et de chercher des méthodes pour les tester. La science est le meilleur outil que l’on ait inventé pour cela, et jusqu’à présent, nous avons regardé méticuleusement chaque organe, cellule, et neurone. Nous avons séquencé 100% de l’ADN et rien ne laisse supposer l’existence d’une âme. Si elle existe, elle est bien cachée. Il faut bien entendu rester ouvert d’esprit sur cette possibilité. Mais admettons que nous puissions prouver son inexistence, et également l’impossibilité d’une survie après la mort physique, ce sera une immense blessure narcissique pour les croyants. Mais il est certain que la plupart rejetteront une telle découverte, tout comme les créationnistes rejettent la théorie de l’évolution naturelle.

Beaucoup de rupture dans l’histoire des idées ont été à l’encontre de nos intuitions, en particulier concernant l’infiniment grand, l’infiniment petit, et le très rapide. Autrement dit, lorsque nous souhaitons comprendre objectivement le réel de l’univers dans lequel nous évoluons, il faut mettre nos intuitions les plus profondes de côté, même si cela est deplaisant. Mais il ne faut pas oublier une chose : L’univers n’est sous aucune obligation d’être compréhensible pour nous, humains.

Donc voilà, qu’est ce que vous pensez de ces blessures narcissiques ? Quelle est la plus probable? Est-ce qu’elles arriveront toutes ? Est-ce que vous en avez d’autres en tête ? Donnez votre avis dans les commentaires.

Quelle sera la prochaine blessure narcissique de l’humanité ?
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