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Depuis le début de l’aventure The Flares, on a remarqué qu’il y a une sorte de pessimisme concernant le futur de l’humanité. On peut lire souvent dans les commentaires que l’on a une vision techno-optimiste, voir même naïve sur le futur. Et en regardant les sorties des oeuvres de science-fiction, on baigne en permanence dans la dystopie. L’utopie n’est pas très attractive apparemment.

Pourquoi somme nous si optimiste sachant que toutes les semaines, on entend parler dans les news sur internet, à la TV ou à la radio, de pollution, terrorisme, crime, pauvreté, et de conflits armés ? Clairement, c’est impossible de se diriger vers un futur bénéfique, viable et prospère vu la tendance actuelle. Le passé était clairement mieux qu’aujourd’hui, et le futur sera forcément pire que le présent. Mais avant de dresser de telle conclusion, il faut déjà se demander si cette affirmation est vraie ? Est-ce que le passé était vraiment mieux que le présent ?

Il existe une réponse à cette question que l’on obtient en utilisant des statistiques et en comparant les données recueillies. Alors on ne peut pas trop faire ça pour le moyen âge, car c’est plus difficile d’obtenir des données précises. Même s’il n’y a pas grand monde qui pense que c’était l’âge d’or de l’humanité à mon avis ! Par contre on peut se comparer avec l’état du monde il y a 30 ans. Car on a plein de données.

Donc brièvement, en 2018, il y a avait 12 guerres en cours, 60 autocraties, 10% de la population vivant dans l’extrême pauvreté, plus de 10 000 armes nucléaires et 238 personnes tuées dans des actes terroristes en Europe de l’ouest. Il y a 30 ans, en 1988, à votre avis, est ce qu’il y avait moins de tout ça, ou plus de tout ça ?

Et bien il y avait 30 guerres, 85 autocraties, 37% de la population vivant dans l’extrême pauvreté, plus de 60 000 armes nucléaires et 440 personnes tuées dans des actes terroristes en Europe de l’ouest !

En regardant ces chiffres, on peut se dire, et ça va peut-être vous choquer, que nous avons là des signes que le monde progresse au cours du temps. Eh oui ! Une autre chose qui va vous choquer. Presque personne ne le sait ! Alors ça veut dire quoi exactement le monde progresse ? En disant ça, on est souvent confronté à des réactions douteuses. On se fait traiter de naïf, d’optimiste et de bisounours. Mais au final, il faut se mettre d’accord sur une définition du progrès. Car c’est sujet à interprétation, c’est relatif à une culture, à des individus et c’est au final subjectif. Mais on peut quand même dresser une liste d’affirmation qui donne un cadre suffisamment large pour une définition du progrès.

Mesure du progrès

La plupart des gens s’accordent pour dire que la vie est mieux que la mort. La santé est mieux que la maladie. L’alimentation est mieux que la faim. L’abondance est mieux que la pauvreté. La paix est mieux que la guerre. La sécurité est mieux que le danger. La liberté est mieux que la tyrannie. L’égalité des droits est mieux que la discrimination. L’alphabétisation est mieux que l’analphabétisme. La connaissance est mieux que l’ignorance. L’intelligence est mieux que la stupidité. Le bonheur est mieux que la misère. Les occasions de profiter de sa famille, des amis, de la culture, du divertissement et de la nature sont mieux que la corvée et la monotonie. Toutes ces choses peuvent être mesurées. Si elles ont augmenté avec le temps, on a du progrès. Dire que le monde progresse, ça n’a rien à voir avec de la foie en l’humanité ou à une personnalité optimiste. C’est une hypothèse qui peut être vérifiée.

Alors, regardons rapidement quelques graphiques.

Vu que c’est mieux de vivre que de mourir, commençons par l’espérance de vie.

On peut voir sur ce graphique qu’en 1771, la moyenne était de 30 ans. Aujourd’hui, elle est à plus de 70. En 1751, 1 tiers des enfants n’atteignaient pas leur 5e anniversaire dans les pays les plus riches comme la Suède. Aujourd’hui c’est virtuellement 0% dans les pays riches, et 5% dans les pays les plus pauvres comme l’Éthiopie.

Ici un graphique montrant le décès dû à des maladies infectieuses d’enfants de moins de 5 ans. Pneumonie, Diarrhée, malaria, rougeole, Sida. Toutes en baisses, certaines moins que d’autres, mais aucune n’augmente ce qui est quand même une bonne chose.

Manger c’est mieux que la famine.

Lors de la décennie 1870, sur un groupe de 100 000 personnes, 1400 mourraient dus à la famine. Dans la décennie actuelle, on est virtuellement à 0.

En 1820, 90% de la population vivait en extrême pauvreté. Aujourd’hui, moins de 10%. En 200 ans, c’est pas mal quand même !

La paix c’est mieux que la guerre. Ça tombe bien, on est passé d’un temps où la guerre était le passe-temps préféré des grandes puissances à travers le globe, à un temps où la guerre doit être évitée à tout prix et les conflits sont localisés.

Le taux de décès dus à la guerre par an est passé de 22 par 100 000 personnes dans les années 50, à 1,2 aujourd’hui. Le plus de décès étant causés par la guerre civile en Syrie.

Autre bonne nouvelle, les humains se tuent beaucoup moins entre eux.

Sur 100 000 personnes, entre 25 et 70 se faisaient tuer par an en Europe médiévale en fonction des pays, aujourd’hui ça flirte avec le 0. Ça veut dire qu’en France en 2019, dans une ville de 100 000 personnes, aucune ne va se faire tuer dans l’année. Vous pouvez aller acheter votre pain tranquille. Et si on ajoute les colonies américaines, et la conquête de l’Ouest, on voit à quel point les homicides étaient fréquents ! Si on reste dans le domaine de la sécurité, en un siècle, on est devenu 96% moins susceptible de mourir dans un accident de voiture. 88% moins susceptible de mourir en tant que piétons. 95% moins susceptible de mourir sur son lieu de travail. En 40 ans, on est devenu 99% moins susceptible de mourir dans un crash aérien. Un que je trouve marrant, c’est qu’en un siècle, on est devenu 89% moins susceptible d’être tué par un act de Dieu, c’est-à-dire une catastrophe naturelle (Volcan, inondation, sécheresse, tornade, tremblement de terre compris). Pas parce que Dieu est moins fâché contre nous, mais, car nos infrastructures et mesures de sécurité sont plus fiables.

En 1475, 15% des Européens pouvaient lire et écrire. L’Europe et les États-Unis ont atteint 100% d’alphabétisme au milieu du 20e siècle. Et le reste du monde est sur la bonne voie.

En 1870, les gens travaillaient près de 60 h par semaine en Europe de l’ouest et aux États unis. Aujourd’hui, on est sur une base de 40h. Ce qui veut dire plus de temps libre pour sa famille, ses amis, ses passions et se divertir.

Le simple fait que vous soyez en train de regarder cette vidéo signifie déjà que vous avez soit un ordi, soit un téléphone. Ce qui implique logiquement un toit, de l’électricité, etc. Et aussi, que vous ne mourrez pas de faim sinon vous seriez à la recherche de nourriture et pas en train de glander sur YouTube. Tout cela contribue à renforcer le fait que vous faites partie, tout comme moi, des 1 à … 3% des humains les plus riches n’ayant jamais vécu sur la planète. C’est-à-dire qu’en prenant en compte toute l’histoire de l’humanité, vous avez plus de richesse que plus de 95% des humains ayant vécu sur Terre. Ça peut paraitre ridicule, mais il est estimé que lors des 50 000 dernières années, 108 milliards d’humains ont foulé le sol de la planète. Sachant que l’on est 7,5 milliards aujourd’hui, cela représente environ 7% de toute la population humaine depuis 50 000 ans. Plus de la moitié de ce 7% vit en dessous de 2 euros par jour, et à travers toute l’histoire on n’en parle même pas. Donc, si vous avez plus de 2 euros par jour, vous faites partie au moins des 3% d’humains les plus fortunés de l’histoire de l’humanité. Félicitation. Bon après tout ces chiffres et ces statistiques ont peu en faire ce que l’on veut et critiqué la méthode de calcul et autre. Le but ce n’est pas d’être précis sur le pourcentage, mais bien de réaliser que l’on a bien plus de richesse que l’on imagine, simplement en ouvrant le frigo, ou en allumant la télé. Par rapport à toute l’histoire de l’humanité ou des dizaines et des dizaines de milliards d’humains ont vécu dans la misère.

Ça fout le vertige, c’est le moins qu’on puisse dire. Et j’aime personnellement me le rappeler. Ça me permet de faire preuve de reconnaissance et de gratitude sur la chance que j’ai de pouvoir bénéficier des fruits du progrès.

Ce qui est marrant, c’est que tout ce que je viens de vous dire. Qui est basé sur le travail de plusieurs chercheurs, dont le psychologue cognitif Steven Pinker dans son livre “Enlightment now”, et bien personne n’en parle. Et encore moins dans les news. En faite c’est même le contraire.

Si on regarde sur ce graphique qui représente le ton des informations dans les médias. Au-dessus de 0 c’est positif, en dessous c’est négatif avec différents degrés. -3 étant extrêmement dépressif ! Genre terrorisme, viol, torture et démantèlement d’un réseau pédophile.

Pour le New York Time, un des journaux les plus lus dans le monde, l’évolution depuis 1945 est claire. De plus en plus sombre et morose. Et depuis 1980, les news en général au niveau mondial sont de plus en plus négatifs. Donc à mesure que le monde devient plus sûr, plus riche, plus éduqué et en meilleure santé, les informations sont de plus en plus tristes, obscur, pessimiste et morose. Bizarre quand même, après l’explication est peut être à chercher dans le fait que les mauvaises nouvelles font vendre plus de journaux. Et que les news reportent ce qui se passe dans le monde, pas ce qui ne se passe pas. Par exemple on ne voit jamais un journaliste devant une école : “Eh oui je me trouve aujourd’hui devant une école qui n’a pas été attaquée par un fou armé d’une mitraillette.” Ou alors “Information importante, aujourd’hui plus de 99,9% des Français qui ont conduit une voiture sont arrivés à destination sans être victime d’un accident de la route”. Il y a aussi le fait que les choses négatives peuvent arriver très vite, alors que les choses positives ont tendance à prendre du temps. En effet on voit rarement à la une des journaux : “Aujourd’hui, 137 000 personnes sont sorties de l’extrême pauvreté” et même si un journal écrit cette une, le lendemain, ils devront remettre la même, car en fait cela fait 25 ans que chaque jour, 137 000 personnes sortent du seuil d’extrême pauvreté.

Et le truc, c’est que même devant la preuve empirique que le monde s’améliore, les pessimistes sortent alors leur réplique favorite : “Oui peut être, mais on se dirige vers la catastrophe”. Nous sommes un peu comme le type qui saute d’un toit et qui se dit que jusqu’ici tout va bien.

Il me semble qu’un excès de pessimisme peut être contre-productif, voire même dangereux. Car si on se dit qu’on est foutu quoi qu’il arrive, pourquoi faire quoi que ce soit de positif. On tombe dans le fatalisme. Ou alors on se dit qu’il vaut mieux profiter tant qu’on peut, et on tombe dans un égoïsme générationnel ou l’on n’a aucune considération pour les futures générations. Je conduis mon 4×4 diesel en ville, car de toute façon, la terre est déjà foutue c’est pas un peu plus de C02 qui va changer la donne et le recyclage j’en ai rien à secouer. Si le pessimisme s’installe en profondeur dans une société, des jeunes peuvent être découragés d’entreprendre des études universitaires qui vont les amener à bosser dans un domaine qui peut amener des percées majeures afin d’accélérer la transition énergétique, et donc un monde meilleur. On peut aussi tomber dans du radicalisme et vouloir précipiter la catastrophe si on pense qu’elle est inévitable, surtout si on pense que ce qui renaîtra des cendres de l’effondrement sera meilleur. Ce qui peut encourager des actes anarchistes, destructeurs et semer le chaos. La catastrophe n’est pas inévitable.

Vers un futur bénéfique ?

Ceci dit, le progrès non plus. Le progrès ne signifie pas que tout s’améliore pour tout le monde, tout le temps et partout. Ça, ça s’appelle un miracle. C’est pourquoi il ne faut pas simplement croiser les bras et attendre que le progrès améliore encore plus les choses, comme par magie. Ce qui cause le progrès, ce n’est pas juste le temps, la chance ou une force mystérieuse. C’est le résultat d’un effort humain motivé par des idées venant du siècle des Lumières avec les philosophes comme Hobbes, Locke, Spinoza, Montesquieu, Voltaire, Hume, Kant. Que la science et la raison sont les facteurs clés permettant d’augmenter la condition humaine. Les idées de l’humanisme.

Nous sommes face aujourd’hui à des problèmes monstrueux. Dépendance aux énergies fossiles, pollution, perte de la biodiversité, épuisement des ressources, réchauffement climatique. Mais il faut voir ces problèmes en tant que tels. C’est à dire des problèmes qui peuvent être résolus, et pas comme des apocalypses inévitables. Avec cette perspective, on peut chercher de façon agressive des solutions pour décarboniser la planète, trouver des nouveaux modèles de production et consommation d’énergie, protéger et réintégrer des espèces, dépolluer les océans, etc.

Et puisqu’on a vu beaucoup de graphiques dans cette vidéo, en voici d’autres qui sont assez rassurants.

Ici, on trouve plusieurs infos concernant les États unis, un des pollueurs majeurs.

Ils ont réduit leurs émissions des cinq pires polluants atmosphériques de près de deux tiers. Au cours de la même période, la population a augmenté de plus de 40% et ces personnes ont parcouru deux fois plus de kilomètres et ont connu une croissance deux fois et demie plus importante. La consommation d’énergie s’est stabilisée et même les émissions de dioxyde de carbone ont franchi un cap en 2005 et sont en train de baisser.

Au niveau déforestation, il y avait 400 millions d’hectares de forêt tempérée détruite en 1625, et ça a chuté à virtuellement 0 au début du 21e siècle. On a atteint un pic en 1975 pour les forêts tropicales avec 300 millions d’hectares rasés. Mais depuis, c’est la chute libre avec aujourd’hui, un peu plus de 100 millions d’hectares rasés. C’est toujours beaucoup trop, pas de doute là-dessus. Mais c’est mieux qu’avant et la trajectoire de la courbe laisse à penser que dans 10-15 ans, on ne touchera presque plus aux forêts.

Et ce graphique montrant le pourcentage de la planète décrété comme zone naturelle protégée.

En une vingtaine d’années, on a doublé les zones marines protégées, et les zones terrestres sont passées de 8% à 15%. C’est encore insuffisant bien sûr, on aimerait voir ces chiffres plutôt autour de 80%, mais la trajectoire de la courbe indique qu’on est sur la bonne voie.

Pour finir, il faut bien comprendre que nous n’aurons jamais un monde parfait, mais en considérant le passé, on doit se rendre compte du chemin parcouru. Le passé n’était pas meilleur qu’aujourd’hui, et chaque petite étape doit être saluée. L’économiste Paul Romer fait la distinction entre l’optimisme complaisant, le sentiment d’un enfant qui attend des cadeaux le matin de Noël et l’optimisme conditionnel, le sentiment d’un enfant qui veut une cabane dans un arbre et se rend compte que s’il obtient du bois et des clous et persuade d’autres enfants de l’aider lui, il peut en construire une. On ne peut pas se permettre d’être des optimistes complaisant en ce qui concerne les enjeux du 21e siècle. Mais on peut faire preuve d’optimisme conditionnel. Les problèmes peuvent être résolus. Cela ne signifie pas qu’ils vont se résoudre tout seul, mais cela signifie que nous pouvons les résoudre si nous maintenons les forces de la modernité qui nous ont permis de progresser sur de nombreux critère, grâce notamment à l’éducation, la prospérité des sociétés, une économie réglementée qui ne partent pas dans tous les sens, des gouvernances internationales et la recherche d’innovations en science et en technologie.

En tout cas n’hésitez pas a me dire si vous êtes optimiste ou pessimiste dans les commentaires. Ce sera intéressant de lire vos réactions.

Source :

https://www.youtube.com/watch?v=yCm9Ng0bbEQ

Les graphiques sont extraits du livre “Enlightenment now” par Steven Pinker.

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