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La sortie de cet article n’est pas un hasard puisque l’on va parler de la Lune, et nous sommes le 20 juillet 2019. Quel rapport me direz-vous? Et bien le 20 juillet 1969, 50 ans jour pour jour, deux humains se posaient sur la surface lunaire. On est donc sur un épisode anniversaire et surtout qui rend hommage à cette prouesse incroyable de notre espèce. Si incroyable que certains n’arrivent toujours pas à y croire. Bref, on ne va pas parler de théorie du complot ni tenter de prouver la véracité de cet événement historique.

Le fait est que la Lune est l’objet céleste le plus proche de notre planète, et donc un objectif logique dans notre ambition d’expansion spatiale. Mais depuis qu’on a posé le pied dessus la dernière fois en 1972, on constate que rien de bien excitant n’est arrivé sur notre satellite. Toutefois, les choses semblent changer ce qui ouvre la perspective d’une nouvelle ère de l’exploration lunaire. Et on va finir par se retrouver avec un embouteillage autour de notre satellite.

Le secteur privé dans l’espace

Un des facteurs majeurs de ce regain d’intérêt c’est la réduction des coûts de lancement des fusées et l’arrivé de nouveaux acteurs dans le secteur spatial. Autrefois réservées uniquement aux agences gouvernementales, des entreprises privées sont désormais dans la course et elles apportent leurs lots d’innovations technologiques. Avec en tête, les lanceurs réutilisables. Et oui, si à chaque fois qu’on faisait un trajet en voiture, elle explose une fois arrivée à destination, ce serait un moyen de transport très cher et peu utilisé. Même idée avec les fusées. Space X et Blue Origins sont les deux entreprises privées les plus en avance, et les plus médiatisés puisque dirigés par des sortes de Tony Stark.

Mais il se trouve que le premier véhicule financé par le secteur privé à atterrir sur la Lune est Israélien. Appartenant à l’entreprise Space IL. C’était le 11 avril 2019 durant la mission Beresheet. Bon, pour être exact, l’engin s’est écrasé sur la surface lunaire suite à un malfonctionnement. Mais quand même, cela montre l’exemple d’une nouvelle ère de l’exploration spatiale, financé par le privé. Et ça reste un exploit qui a du mérite.

La clé pour que le secteur privé s’aventure sur la Lune c’est bien entendu de trouver un business modèle qui justifie les investissements colossaux nécessaires. Et les traces suspectées de glace enfouie sous la surface de la Lune pourraient se montrer décisives. L’entreprise américaine Moon express et l’entreprise japonaise Ispace ont révélé leurs intérêts pour extraire cette eau lunaire. Sachant que la Lune contient également du dioxyde de carbone ou encore de l’azote, il semblerait que nous avons là les éléments nécessaires pour commencer une industrie non pas off shore, mais off-planète afin de fabriquer du carburant pour fusée notamment, ce qui pourrait transformer la lune en station d’essence cosmique.

Une autre voie pour se faire de l’argent, c’est dans le service de livraison. En gros, avoir une poste lunaire qui envoie des cargos entre la Lune et la Terre. Jeff Bezos avec sa société Blue Origin a récemment dévoilé son véhicule Blue moon, prévu pour alunir avec 4,5 tonnes de cargos. Après avoir révolutionné le service de livraison sur Terre avec Amazon, le monsieur continue dans sa lancée. Lancement prévu pour 2024 grâce à sa fusée New Glenn.

Une autre fusée qui pourrait décoller pour la lune aux alentours de 2024 c’est le “starship” de SpaceX. Autrefois appelé BFR. La fusée en cours de construction, et qui sera la plus grosse jamais construite, est destiné à un voyage sur Mars. Mais elle sera testée tout d’abord lors d’un voyage autour de la Lune avec à son bord 8 à 10 personnes. Le milliardaire Japonais Yusaku Maezawa a déjà acheté toutes les places et compte inviter des artistes, peintres, réalisateur, musiciens, romancier. C’est donc une sorte de projet d’art unique qui aura lieu et le premier voyage touristique vers la Lune.

L’exploration lunaire et les agences gouvernementales

Mais les agences spatiales gouvernementales sont également intéressées par l’exploration lunaire. La Chine a posé un robot sur la face cachée de la Lune en début d’année 2019, ce qui est une première et ils ont bien l’intention d’envoyer leurs propres astronautes, question de fierté nationale. L’Inde devrait être les prochains sur la liste des nouveaux venus avec plusieurs missions prévues cette année. La Nasa, qui a multiplié les missions sur Mars ces dernières décennies, tourne à nouveau les yeux vers la Lune avec l’objectif d’un retour d’astronautes prévu pour 2024. Mais cette fois-ci, l’ambition n’est pas juste de trottiner et de collecter des cailloux pour montrer au Soviétique qui a la plus grosse, mais bien d’établir les bases d’une présence permanente.

Ce qui signifie base lunaire. Et là, j’ai des petites étoiles dans les yeux. Mais avant de parler hôtel de luxe, résidence avec vue sur la Terre et parc d’attractions à faible gravité, on va commencer petit.

Moon Village Association

Lorsque l’on parle de base lunaire, il existe un groupe d’experts International qui y pense de façon concrète. Il s’agit de “Moon village association”. J’ai eu le privilège d’être en contact avec certains de ses membres et en apprendre plus sur le sujet afin d’avoir des réponses sur des questions techniques, financières et culturelles.

Il s’agit donc d’une communauté d’intervenants telle que des gouvernements, des industries, des ONG, des universités, et dans le public, tous intéressés à coopérer mondialement pour une exploration et une colonisation pacifiques de la Lune. Elle regroupe environ 220 membres de plus de 39 pays et représente un large éventail de domaines que ce soit techniques, scientifiques et culturels.

Les principaux défis pour établir une base lunaire c’est la réduction des coûts de transports et améliorer ce qui s’appelle l’utilisation des ressources in situ. C’est-à-dire l’ensemble des techniques consistant à utiliser les matériaux trouvés sur place pour produire des consommables comme du carburant pour le trajet retour, eau et oxygène pour l’équipage humain. L’objectif est de réduire la masse à lancer depuis la Terre et donc de limiter les coûts d’une mission.

Une base lunaire sera dans un premier temps un avant poste ou une dizaine de scientifiques peuvent vivre et travailler pendant plusieurs mois. Au final quelque chose de similaire à la station internationale, mais sur la Lune. Le but sera de préparer les futures missions, d’explorer les ressources disponibles et d’en apprendre plus sur la formation de la lune et du système solaire. Toujours des informations utiles quand on est une espèce curieuse comme la nôtre.

Ensuite, on pourrait entreprendre de construire un radiotélescope sur la face cachée de la Lune qui sera protégé des interférences électromagnétiques de la terre pour écouter l’univers et donc peut-être entendre des petits hommes verts. On pourra aussi étudier comment le corps humain s’adapte à la vie sur un autre corps céleste pendant une très longue période de temps ce qui sera très utile dans le but d’aller coloniser la planète Mars. Si notre but c’est vraiment d’aller vivre sur d’autres planètes dans le Système solaire alors la lune et une étape logique pour engranger de l’expérience.

Une des ressources clés sur la Lune c’est le régolithe, qui pourrait être utilisés pour construire les structures nécessaires. Probablement à l’aide d’une imprimante 3D fonctionnant à l’énergie solaire. Car s’il faut importer nos matériaux de construction ça va vraiment être très cher. Une autre solution serait d’envoyer des modules à chaque mission un peu comme on le fait avec la station spatiale internationale. De nombreux design montre qu’un habitat sur la Lune pourrait ressembler à une sorte de colline, car il est nécessaire d’avoir une bonne épaisseur entre l’intérieur et l’extérieur pour protéger les habitants des fortes radiations du Soleil et des températures extrêmes: très chaud la journée et très froid la nuit. L’intérieur des habitats sera certainement similaire à l’intérieur de l’ISS.

exploration lunaire

En termes d’énergie, le solaire sera privilégié puisque la Lune ne possède pas de nuage. Le soleil brille tous les jours. L’énergie nucléaire sera utilisée essentiellement pour le chauffage nocturne. L’entreprise japonaise Shimizu a carrément l’ambition de construire un anneau de panneau solaire autour de la Lune, qui transmettra ensuite l’énergie via des rayons laser et micro-onde à des stations sur la Terre. Ça parait fou, mais j’imagine qu’un barrage hydraulique ou un tunnel sous le mont-blanc paraissait également fou au moyen âge.

La question de la santé mentale est toujours pertinente lorsque l’on imagine enfermer des gens dans un environnement hostile pendant des mois. Mais la station spatiale internationale nous a donné beaucoup d’informations sur le sujet.

Ensuite il y a des questions juridiques et culturelles qui se posent. Est ce qu’un pays ou une entreprise pourrait s’approprier des territoires sur la Lune? Il existe déjà des traités concernant la présence humaine dans l’espace, comme le “Outer space treaty” et un code de conduite est en cours de développement qui aura pour but de réguler l’utilisation des ressources sur la Lune. Donc il y a peu de chance pour que la Lune ne devienne une mine géante aux mains d’une corporation sans scrupule. Un des objectifs de l’association MVA est d’établir un code de conduite pour les activités sur le sol lunaire.

Selon les différents experts du MVA qui ont répondu à mes questions, si les défis techniques et financiers sont résolus, il est tout à fait possible d’envisager une population allant de quelques milliers à plusieurs millions d’ici un siècle. Dès lors, la Lune pourrait être gérée par un gouvernement si les communautés se regroupent, voir même devenir une planète-état. Ça parait fou aujourd’hui, mais on parle d’un ou deux siècles dans le futur, pas quelques décennies. Et je ne suis pas sûr que les premiers colons américains ou australiens imaginaient ce qui allait devenir de ces régions du monde dans un ou deux siècles dans le futur.

Allez sur la Lune sera surement un jour, aussi banal que s’offrir un séjour sur les îles Fidji. Partir en lune de miel aura donc un sens bien plus … concret.

En tous cas si vous souhaitez en savoir plus sur la moon village association, je vous invite à vous rendre sur le site moonvillageassociation.org ou vous trouverez de nombreuses infos et la possibilité de faire un don ou rejoindre cette communauté.

Références:

https://www.youtube.com/watch?v=tBVBYFFQgfQ&list=WL&index=11&t=29s

https://www.youtube.com/watch?v=O7JtOokh4PU&list=WL&index=9&t=1s

https://www.youtube.com/watch?v=t5SlgULv30Y

https://insh.world/science/what-if-we-covered-the-moon-with-solar-panels/

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