Allons nous élire un jour une IA chef d’État ?

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Nous sommes en 2066 lors d’une soirée d’élection lorsque les résultats tombent. C’est un moment historique ! Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une intelligence artificielle est élue à la plus haute fonction d’un état. Et ce de façon démocratique en obtenant la majorité des votes. Il est difficile de savoir quelle forme prendra le gouvernement dirigé par le système Multivac 42, mais c’est d’ores et déjà une décision polémique qui engendre de nombreux incidents à travers le pays. Cependant, une chose est sûre, ce n’est pas un événement anecdotique. D’autres pays suivront. L’ère où les humains se gouvernent eux même arrive à sa fin…

Alors bien sûr, tout ça, ce n’est qu’une histoire tout droit sortie d’un type qui a tendance a aimer un peu trop la science fiction et est fasciné par l’idée de machines intelligentes.

Mais je pense que la question de savoir si nous allons un jour élire une IA président est légitime. L’idée peut paraître ridicule et le niveau actuel de l’intelligence artificielle est loin de permettre à une machine de siéger à l’Élysée. Mais envisager une IA politicien n’est que la culmination d’une tendance en cours. Des millions de personnes confient déjà leur vie à l’intelligence artificielle. Les avions de ligne commerciaux volent depuis longtemps eux-mêmes et ont tendance à s’écraser le plus souvent lorsque les pilotes passent en commande manuelle. Il y a des millions de robots construisant des voitures, des trains et des ordinateurs. Presque tous les aspects de notre vie sont numériques et optimisés par une IA d’une manière ou d’une autre, de nos comptes bancaires à nos divertissements. Dans une décennie, des dizaines de milliers de personnes confieront leur trajet quotidien – et leur sécurité – à un algorithme qui conduira leur voiture, et ils le feront avec plaisir. Pourquoi ? Parce que cela rendra leur vie meilleure. Au lieu de rester assis à ne rien faire dans la circulation, ils pourront regarder un film ou bosser. L’augmentation de la productivité et du bien-être sera conséquent. En même temps, cela éliminera des dizaines de milliers de morts sur la route chaque année. Car les humains conduisent mal.

Et parmi tous les autres trucs que l’on fait mal, il y a la gouvernance. Nous votons basé sur l’affect et les émotions qu’un candidat arrive à générer, car il a une forte personnalité et s’exprime bien, pas à cause de ses positions politiques. Nous élisons des politiciens, car ils font partie de notre groupe idéologique et nous n’écoutons même pas les arguments des autres. Nous voulons que nos politiciens incarnent nos idéaux les plus élevés. Ils ne le font généralement pas. Après tout, les humains sont enclins à prendre des décisions basées sur l’ego, la colère et le besoin de privilégier leur image et la carrière, pas le bien commun. Les politiciens peuvent également être corrompus, sous l’influence de l’argent ou de lobbys. Ajouté à tout ça, les chefs d’État de l’ère moderne sont désormais submergés par un flux croissant d’informations, mais notre cerveau est toujours le même que celui de nos ancêtres de la savane africaine. Nous ne sommes tout simplement pas conçus pour l’ère numérique. La plupart d’entre nous ne pouvons pas gérer nos boîtes emails, alors prendre des décisions basées sur les données provenant des agences gouvernementales, des ministères, de l’économie et de l’armée… Les systèmes d’aujourd’hui dopés au machine learning peuvent ingérer d’énormes quantités d’informations et apprendre de leurs erreurs, deux qualités qui font cruellement défaut aux politiciens.

Une voiture autonome peut saisir 360 degrés d’informations simultanément, voir plus loin et réagir plus rapidement que n’importe quel humain. Un président IA pourrait-il faire de même au niveau de la gestion d’un État ? S’il y a bien un truc qui ressort du développement en intelligence artificielle, c’est que lorsqu’une machine arrive à accomplir une tâche aussi bien qu’un humain, elle le surpasse très rapidement, et pour toujours. Nous ne sommes déjà plus les meilleurs aux échecs, au jeu de Go, à des centaines de jeux vidéo, à la reconnaissance d’image, à diagnostiquer des mélanomes sur des radios. Et toutes ses tâches ont été à un moment donné qualifiées d’impossibles à accomplir par un ordinateur. Donc dire qu’une IA ne pourra jamais avoir les qualités pour gouverner un état me semble douteux.

Nous sommes également de plus en plus habitués à l’idée que nos outils et services numériques en savent plus sur nous que nous n’en savons parfois sur nous-mêmes. Que ce soit dans les recommandations de bouquins, films ou lorsque les messageries filtrent nos messages et nous suggère des réponses. Un président algorithmique pourrait être en mesure de suggérer des lois qui collent parfaitement avec ce que l’on désire, car basé sur toutes nos empreintes numériques.

Une IA président pourrait être formé pour maximiser le bonheur de la plupart des gens sans empiéter sur les libertés civiles. Mais ça, c’est mon côté idéaliste qui parle. Mais au final, je penche toujours sur l’idée qu’on n’a pas à chercher la perfection. Il suffit juste de passer le seuil où une IA est meilleure que nous en moyenne. Si on cherche la perfection avec les voitures autonomes, on ne les verra jamais sur la route. Car elles finiront toujours par causer quelques accidents mortels inévitables. Mais si elles sont plus sûres que les humains à 95%,

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Crédits
  • Auteur(s)
    Gaëtan
  • Production
    The Flares
  • Distribution
    The Flares
  • Réalisation
    Gaëtan
  • Commentaire audio
    Gaëtan
  • Montage image
    David Vega
  • Librairies d'images et de vidéos