Les quatre futurs possibles pour l’humanité

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Résumé

Comment peut-on penser l'avenir de l'humanité sur le long terme ?

On peut se tourner vers les auteurs de Science fiction ou les futurologues, mais il arrive parfois que les réflexions sur l’avenir de l’humanité se retrouvent dans l’esprit de philosophe et universitaire qui apportent un angle différent. On va se focaliser sur les travaux de l’un de ces philosophes, à savoir Nick Bostrom. Il a publié un article académique dans le journal “New Waves in Philosophy of Technology” en 2007 ayant pour titre : The future of humanity où il propose une description de quatre familles de scénarios pour l'avenir de l'humanité.

Pendant quatre milliards d’années, toutes les formes de vie étaient soumises aux lois de la sélection naturelle et de la biochimie organique. Peu importe si l’on parle d’une tomate, d’un T rex, d’un plancton ou d’un homo sapiens. Mais depuis quelques décennies, le développement technologique est en train de créer une nouvelle ère. Une ère où les formes de vie n’évoluent plus par la sélection naturelle, mais par le biais d’une intelligence. Une ère où les formes de vie s’émancipent des limites de la matière organique. Pour la première fois en près de quatre milliards d’années, nous allons voir des formes de vies inorganiques évoluer sur la planète. Nous sommes probablement une des dernières générations d’Homo sapiens. D’ici un siècle ou deux, la Terre sera dominée par des entités qui seront aussi différentes de nous, que nous le sommes des chimpanzés. Un tournant dans l’histoire de notre espèce, de la vie et même de l’univers si la Terre est la seule planète habitée ! Et bien sûr, cela aura des implications énormes sur notre civilisation, notre économie, notre culture et au final, sur tout ce qui constitue notre réalité quotidienne.

Dès lors, comment peut-on penser l’avenir de l’humanité sur le long terme ?

On peut se tourner vers les auteurs de Science fiction, qui semble être les premiers concerné par le futur de l’humanité. Mais le but de la Science Fiction n’est pas de prédire le futur. Il s’agit plutôt de contempler les futurs possibles. Les auteurs trouvent l’avenir si passionnant, précisément car il reste inconnu. Un endroit où “tout peut être raconté sans aucune crainte ou contradiction” selon la romancière et poète Ursula K. Le Guin. “Le futur est un laboratoire sûr et stérile pour expérimenter des idées. Un moyen de penser la réalité”.

Les auteurs qui entrent dans ce laboratoire font des expériences avec des futurs possibles imaginant où les tendances sociales et découvertes technologiques peuvent nous emmener. William Gibson (Inventeur du terme Cyberespace) est célèbre pour ses histoires cyberpunk publiées dans les années 80, décrivant la vision d’une société globale hyperconnectée ou les hackers, cyberguerres et les télé-réalités violentes sont ancrés dans le quotidien. Pour d’autres auteurs, le futur sert avant tout de métaphore. “La main gauche de la nuit” de Le Guin datant de 1969 se déroule sur une planète peuplée d’hermaphrodites génétiquement modifiés. C’est une expérience de pensée essayant de montrer en quoi une société serait différente si elle était unisexe.

C’est bien parce que la Science Fiction couvre une gamme allant du possible au fantaisiste, que sa relation avec la science a toujours été à la fois amicale et litigieuse. Pour tous les auteurs qui examinent méticuleusement les derniers développements en physique dans le but de raconter un futur “crédible”, il y a ceux qui inventent d’impossibles technologies pour servir leurs intrigues, comme l’outil de communication supraluminique inventé par Le Guin.

Si la Science fiction n’est pas fiable pour entrevoir le futur, on peut se tourner vers les futurologues. Ils sont en effet employés pour tenter de prévoir les éléments qui pourraient exister à l’avenir. Et il se trouve que certains d’entre eux sont capables de le faire avec une précision assez surprenante ! Au milieu du 20e siècle, un groupe de chercheurs appelé “The Rand Corporation” ont prédit avec l’aide de scientifique et futurologue, l’existence de technologies que l’on prend pour acquises aujourd’hui. Incluant organes artificiels, l’utilisation de contraceptif comme la pilule, et même une librairie de recherche de contenu, similaire à Internet.

On pourrait se dire que les futurologues sont comme des auteurs de Science Fiction, mais ce n’est pas le même métier. Leur rôle n’est pas de divertir. Un futurologue n’aurait jamais imaginé le scénario de “Terminator”, “Matrix” ou “Le meilleur des mondes”. Les futurologues utilisent entre autres les mouvements et tendances de la société pour dresser le chemin qu’elle a le plus de chance d’emprunter. Avec évidemment des degrés d’improbabilités. Leurs résultats servent aux leaders politiques et à tous ceux qui prennent des décisions. Évidemment, il y a certaines limites sur les certitudes que l’on peut avoir par rapport au futur. Il y a toujours des découvertes inattendues et imprévisibles qui paraissent ridicules pour un contemporain et sont donc inimaginables.

Si l’on transportait un physicien du milieu du 19e siècle jusqu’à nos jours au 21e, comment pourrait-il comprendre ce qui l’entoure. On lui expliquerait qu’il existe une étrange matière, l’uranium 235, qui peut produire suffisamment d’énergie pour alimenter une ville entière … ou la détruire en un instant. “Comment une telle énergie peut sortir de nulle part ?” se dirait-il “Ce n’est pas de la Science, c’est de la magie ! “Et dans une certaine mesure, il aurait raison. Ses connaissances scientifiques du 19e siècle n’incluent pas la radioactivité et la physique nucléaire. À son époque, aucun futurologue n’aurait pu prévoir les rayons X, la bombe atomique et encore moins la théorie de la relativité générale et la mécanique quantique. Comme l’auteur de Science Fiction Arthur C. Clarke l’a si bien dit :”Une technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie”. Comment peut-on tenter de prédire un futur qui sera aussi magique pour nous que notre époque l’est pour une personne du 19e siècle.

On peut se dire que nos technologies modernes et nos techniques avancées d’analyse de données sont suffisantes pour permettre de prédire le futur avec plus de précision qu’un futurologue du 19e. Et en un sens, c’est vrai. Cependant, il est aussi vrai que notre progrès technologique exponentiel a entraîné une multitude croissante de paramètres complexe à prendre en compte. Ce qui fait que la difficulté pour notre époque de prédire le futur n’a jamais été aussi grande. Comme dirait maître Yoda, “Toujours en mouvement est l’avenir.” Sauf qu’aujourd’hui, l’avenir semble danser comme un ado sous acide.

Mais il arrive parfois que les réflexions sur l’avenir de l’humanité se retrouvent dans l’esprit de philosophe et universitaire qui apportent un angle différent que ceux des auteurs de science-fiction et futurologues.

On va se focaliser sur les travaux de l’un de ces philosophes, à savoir Nick Bostrom. Alors pour ceux qui nous suivent, ce nom n’est pas inconnu puisqu’il nous inspire beaucoup et revient souvent dans nos vidéos. Nick Bostrom est un philosophe suédois qui enseigne à l’université d’Oxford. Il est également le fondateur et président du “Future of Humanity Institute”. Ses travaux de prédilection se focalisent sur l’intelligence artificielle, le principe anthropique, les risques existentiels et l’argument de la simulation. Il a publié un article académique dans le journal “New Waves in Philosophy of Technology” en 2007 ayant pour titre : The future of humanity. Un titre qui augmente forcément mon niveau d’intérêt à 100%.

Alors Nick Bostrom, comme tous philosophes, se distingue de la plupart des auteurs de science-fiction et futurologues par sa tentative de développer un mode de pensé rationnel sur les grandes questions pour l’avenir de l’humanité. L’article de Nick Bostrom esquisse un aperçu de certaines tentatives récentes dans ce sens, et il propose une description de quatre familles de scénarios pour l’avenir de l’humanité.

Mais avant de voir ces quatre familles, il est important de savoir de quoi parle-t-on lorsque l’on mentionne futur de l’humanité. Dans un sens, l’avenir de l’humanité comprend tout ce qui arrivera à n’importe quel être humain, y compris ce que vous prendrez pour le petit déjeuner jeudi prochain et toutes les découvertes scientifiques qui seront faites l’année prochaine. Il n’est pas raisonnable de considérer l’avenir de l’humanité comme un sujet d’étude, car il serait trop vaste et trop diversifié pour être traité dans son ensemble dans un seul article scientifique, ou même une série de livres de 100 volumes.

Pour le traiter comme un sujet d’étude, il faut faire abstraction des détails, des fluctuations et développements à court terme qui n’affectent qu’un aspect limité de nos vies. Une discussion sur l’avenir de l’humanité porte sur la manière dont les caractéristiques fondamentales de la condition humaine peuvent changer ou rester constantes sur le long terme.

Quelles caractéristiques de la condition humaine sont considérées comme fondamentales ? Sur cette question, il peut y avoir un désaccord. Néanmoins, certains critères ne sont pas sujets à débat. Par exemple, si et quand l’humanité disparaîtra? si elle colonisera la galaxie? si la biologie humaine sera fondamentalement transformée nous rendant posthumain? si l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence biologique? si la taille de la population explosera ? et si la qualité de vie va radicalement s’améliorer ou se détériorer? Ce sont toutes des questions fondamentales sur l’avenir de l’humanité.

Nous avons de plus en plus besoin de portraits réalistes sur le futur afin de prendre les bonnes décisions législatives et politiques. En raison des pouvoirs que la technologie nous offre, certaines activités humaines ont désormais des impacts importants. Le changement climatique, la sécurité nationale et internationale, le développement économique, l’élimination des déchets nucléaires, la biodiversité, la conservation des ressources naturelles, la démographie et le financement de la recherche scientifique et technologique sont des exemples de domaines politiques qui impliquent des horizons temporels éloignés et qui dépendent de décisions que l’on prend dès aujourd’hui.

La justesse d’une prédiction ne diminue pas nécessairement avec la distance temporelle. Il peut être imprévisible de savoir où sera un voyageur une heure après le début de son périple, mais prévisible qu’après cinq heures, il sera à destination. En ce sens, l’avenir de l’humanité à très long terme peut être relativement facile à prédire, car susceptible d’être étudié par les sciences naturelles, en particulier la cosmologie. Et bien que nos connaissances soient insuffisantes pour réduire l’espace des possibilités, nous possédons de nombreux arguments pertinents qui, combinés, imposent des contraintes importantes sur ce à quoi pourrait ressembler une vision plausible de l’avenir. L’avenir de l’humanité n’a pas besoin d’être un sujet sur lequel toutes les hypothèses sont entièrement arbitraires et où tout peut arriver. Il y a un immense fossé entre savoir exactement ce qui va se passer et n’avoir absolument aucune idée. Nick Bostrom tente de situer ces familles de scénarios quelque part entre ces deux extrêmes.

La technologie comme force directrice de l’avenir

La plupart des différences entre nos vies et la vie de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs sont finalement liées à la technologie, surtout si nous utilisons le terme technologie dans son sens le plus large, pour inclure non seulement les gadgets et les machines, mais aussi les techniques, les processus et les institutions. Nous pourrions dire que la technologie est la somme totale des informations culturellement transmissibles utile pour accomplir des tâches. Le langage est une technologie dans ce sens, tout comme des tracteurs, des mitrailleuses, des algorithmes, l’école pour tous et la ligne d’assemblage.

Le changement technologique est en grande partie responsable de nombreuses tendances de la condition humaine telles que la taille de la population mondiale, l’espérance de vie, le niveau d’éducation, le niveau de vie matériel, la nature du travail, de la communication, des soins de santé, la guerre et les effets des activités humaines sur l’environnement naturel. D’autres aspects de la société et de nos vies individuelles sont également influencés par la technologie, y compris la gouvernance, le divertissement, les relations humaines, nos opinions sur les valeurs morales, et notre propre nature humaine. Il n’est pas nécessaire d’adopter une forme de technophilie pour reconnaître que la technologie, à travers ses interactions complexes, est un déterminant majeur qui façonne la civilisation humaine.

Nick Bostrom propose une conjecture qu’il appelle “conjecture d’achèvement technologique”: si les efforts dans le développement scientifique et technologique ne s’arrêtent pas, toutes les capacités qui pourraient être obtenues grâce à une possible technologie seront obtenues.

La conjecture exprime l’idée que les capacités qui seront finalement atteintes grâce à une technologie ne dépendent pas des voies empruntées par la recherche scientifique et technologique à court terme. Nous pourrions atteindre certaines capacités plus tôt si, par exemple, nous orientons le financement de la recherche d’une façon plutôt qu’une autre, mais il soutient que, à condition que notre quête technoscientifique se poursuive, même les capacités non prioritaires seront éventuellement obtenues.

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  1. celeyron 12 novembre 2020 at 19 h 48 min - Reply

    Magnifique travail à tout point de vue qui permet une réflexion à des gens comme moi qui sans cela n’auraient qu’une vision limitée de l’avenir alors qu’il est nécessaire de comprendre certains scénarios pour ne pas être largué dans un futur qui à mon avis est sûrement plus proche qu’on ne l’imagine… ( ex :1914 premier vol commercial , 1969 Apollo càd 55 ans… imaginons la technologie de 2075 …!!! )

  2. Romu 29 novembre 2020 at 21 h 42 min - Reply

    Merci c’est passionnant et très accessible . Bravo

  3. beyondborder 3 juin 2021 at 21 h 46 min - Reply

    Il y a un problème à ton documentaire, comment peut-on être à plus d’un trillion sur une surface de 134 000 000 km2, même en prenant en considération le fait qu’1/3 de la population ait élu domicile sur Mars? Et ne venait pas me parler de la destruction des habitats et de l’assèchement des océans, car pour moi sa va plus de la penser mégalomane que transhumain

    • Gaëtan Selle 6 juin 2021 at 2 h 13 min - Reply

      Lorsque l’on considère les perspectives à très long terme de la condition post-humaine, la population ne se concentre pas que sur Terre mais sur des habitats spatiales, lunes et autres planètes du systèmes solaires voir au delà. Dans ces scenarios, la population peut atteindre un trillion +.

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