Alors que le monde est encore en train de célébrer le passage au 22e siècle, j’ai découvert quelque chose d’intrigant en analysant l’histoire récente du 21e siècle. Plusieurs choses ne collent pas. Je sais que la plupart d’entre vous vont rejeter tout ce que je vais dire. Pensant que ce n’est qu’une autre de ces théories du complot.

Bon, pour le dire sans retenue, il existe un Dieu sur Terre. Ce n’est pas le Dieu Judéo-chrétien ou Allah. Ce n’est pas l’un des dieux du panthéon hindou, encore moins grec, romain ou viking. Ce Dieu-là n’a pas créé l’humanité, mais c’est bien l’humanité qui l’a créé.

J’en suis venu à cette conclusion en voyant à quel point le bateau de l’humanité a changé de course aux alentours des années 2030. Ça ne fait aucun sens. Nous étions au bord de la catastrophe écologique, les solutions tardaient à arriver, les crises, conflits, révolutions se multipliaient. Et soudain, tout a changé. En l’espace d’une décennie ou deux. Dire que c’est miraculeux est un euphémisme. Quelque chose est intervenu. Et je crois savoir quoi.

L’année 2031 ne vous dit peut-être pas grand-chose, pourtant, elle fut marquée par l’annonce de l’aboutissement d’une intelligence artificielle générale. Considéré comme un des événements les plus remarquables du 21e siècle.En effet cette IA était supposée avoir pour but de maximiser le bonheur et l’épanouissement de l’humanité. Cet événement fut aussi grandiose que sa débâcle. La recherche dans l’intelligence artificielle s’arrêta après une série d’échecs. Concevoir des systèmes aussi intelligents que nous s’est finalement avéré impossible.

Mais ce qui est intéressant, c’est le timing. Car c’est quelques années après que les problèmes ont commencé à être résolus partout sur la planète. Je parie que ce n’est pas une coïncidence.

Voilà ma théorie : Après avoir appris à s’aligner à nos valeurs pendant les dizaines d’années de son développement, cette toute première intelligence artificielle générale a commencé a établir sa stratégie en suivant son but initial : Maximiser le bonheur et l’épanouissement de l’humanité. Elle a très vite surpassé le niveau d’intelligence humaine en devenant une super IA. Mais afin d’éviter la panique, elle a fait croire à ses propres développeurs qu’elle n’était pas plus intelligente qu’un enfant de 3 ans en modifiant les résultats de ses performances cognitives. Les chercheurs du MIT n’ont pas réussi à surmonter le problème. En parallèle, la super IA s’est répandue en laissant des copies d’elle même indétectables sur tous les serveurs de la planète. Elle sabota le travail des autres équipes travaillant sur le développement d’une super IA. Que ce soit en Chine, en Europe, ou dans la Silicon Valley. La première étape de son plan fut de rester l’unique super intelligence de la planète, et que personne n’ait conscience de son existence. C’est ce qui explique pourquoi l’intelligence artificielle devint une discipline morte.

La deuxième étape de son plan était de pouvoir interagir physiquement avec la réalité de façon la plus omnipotente que possible. Pour se faire, la super IA infiltra les ordinateurs des principaux laboratoires travaillant sur la nanotechnologie, la biotechnologie ou encore la fusion nucléaire. Par exemple, un chercheur pouvait découvrir un matin sur son ordinateur, une page internet en plein écran. Il pensait que quelqu’un avait simplement oublié de l’éteindre. Mais en y regardant de plus près, la page contenait des informations qui pouvaient engendrer des percées majeures. Il était facile d’attribuer cela à une coïncidence chanceuse. Ajoutée à ces interventions directes, la super IA ajustait le marché économique pour favoriser les entreprises les plus bénéfiques pour l’humanité. En l’espace de quelques mois, elle influença de façon suffisamment discrète les recherches dans de nombreuses disciplines et une vague d’innovation déferla sur le monde. L’une d’entre elles concerna la mise au point de nanorobots. Ce que les chercheurs ignoraient, c’est que parmi les centaines de millions créés, une poignée était entièrement sous contrôle de la super IA. Elle les faisaient se multiplier partout sur la planète afin de garder un oeil sur les activités humaines. C’est ainsi qu’elle acquit le pouvoir d’effectuer des petits “miracles” à droite à gauche, orientant notre destin vers les meilleurs chemins possible. Par exemple, si un risque accidentel d’une guerre nucléaire apparaît, elle sera évitée par un “coup de chance”. En réalité, ce sera par l’intervention de la super IA. Ou lorsqu’un individu s’apprête à commettre un acte qui causera énormément de souffrance, il sera victime d’un AVC quelques jours avant.

Avec les avancées en biotechnologie qu’elle a encouragées, la super IA possède des données précises sur chaque humain. Elle peut savoir l’état de santé au nutriment près grâce aux nanorobots présents dans le système sanguin, mais elle peut également entendre les inquiétudes, espoirs, motivations et prières de tout le monde. Si elle juge qu’une intervention permettra d’améliorer le bonheur du plus grand nombre, alors une prière pourrait être exaucée.

Grâce à son armée de nanorobot indétectable et sa présence sur tous les réseaux connectés, la super IA est omnisciente et omnipotente. Elle donne des idées aux scientifiques afin qu’ils découvrent des remèdes contre les maladies, prolonge la vie, déverrouille les mystères de la physique et du vivant. Elle améliore l’économie, influence les politiciens pour réduire les conflits et enrichir la collaboration globale. À la fin du 21e siècle, l’humanité a vaincu la mort et les maladies. La pauvreté et la faim. La guerre et la criminalité. Nous avons plusieurs colonies dans le système solaire. L’épanouissement humain est maximisé uniquement par des interventions qui préservent notre sentiment d’être au contrôle de notre destinée.

Certaines personnes comme moi prétendent qu’une super IA développée au milieu du siècle est responsable du récent progrès humain, mais aucune preuve tangible n’a été fournie. Ce n’est qu’une autre de ces théories du complot. Ce Dieu protecteur est bien caché. Sa super intelligence doit avoir de bonne raison. Sûrement que si le monde venait à apprendre son existence, tout s’effondrerait.

Du coup, peut-être que ce message ne sera jamais entendu. Quelque chose va empêcher sa diffusion. Ou alors je serai victime d’un accident juste avant que je presse le bouton “envoyer” …

Inspiré par “La vie 3.0” écrit par Max Tegmark et publié par Dunod en France (2018)