Warlord-017 // #01 : Le Pilote

warlord-017-01
Vous lisez l'épisode 2/10 du roman feuilleton Warlord-017

//// Le Pilote ////

> Ouverture d’une liaison avec SatNet…
>> Synchronisation montante…
>> Synchronisation descendante…
>
> Connexion à LanceNet…
>> Identification… Confirmée !
>
> Bienvenue [R25-01-33-0747]
> Vous avez [1] Message(s) en attente


> De : Kovacs@SMP//LanceNet
> A : R25-01-33-0747@Recruit//LanceNet
> Le : 11/11/2025 – 06:30
>
> Salut Marc,
> Je suis tombé sur ton profil et tu pourrais correspondre à ce que je recherche.
> Que dirais-tu d’un visio-entretien incessamment sous peu ?
>
> Cdt,
> Lieutenant Jonas Kovacs — Kovacs Security Service — SMP n°22-49-1540


> De : R25-01-33-0747@Recruit//LanceNet
> A : Kovacs@SMP//LanceNet
> Le : 11/11/2025 – 09:45
>
> Salut Jonas,
> Avec plaisir. Ce soir ?
>
> Cdt,
> Marc


> De : Kovacs@SMP//LanceNet
> A : R25-01-33-0747@Recruit//LanceNet
> Le : 11/11/2025 – 10:05
>
> Parfait. Reste à côté de ton terminal, je t’appelle en fin de soirée.
> L’indicatif d’appel commencera par 48.


> De : R25-01-33-0747@Recruit//LanceNet
> A : Kovacs@SMP//LanceNet
> Le : 11/11/2025 – 10:30
>
> Pologne donc. Comment est le temps là-bas ?


> De : Kovacs@SMP//LanceNet
> A : R25-01-33-0747@Recruit//LanceNet
> Le : 11/11/2025 – 11:40
>
> Dégueulasse. Il pleut à torrent depuis deux jours.
> Et en France ?


> De : R25-01-33-0747@Recruit//LanceNet
> A : Kovacs@SMP//LanceNet
> Le : 11/11/2025 – 13:15
>
> Pas mieux.
> Pour la couleur du ciel on a le choix entre gris et gris foncé.


< 11 Novembre 2025 — France, au sud du Block d’Habitation Paris-024 >

Tasse de café à la main, j’observais d’un œil critique mon œuvre de l’après-midi.

À savoir le moteur de ma voiture, transformé en amas de pièces détachées. C’était un vieux modèle de 2013 mais que je prend plaisir à entretenir depuis plus de cinq ans. Avec la démocratisation des Fabriques Domestiques, il était facile de fabriquer des petites pièces de rechange en fonction des besoins.

Je jetais un coup d’œil à ma montre, un vieux modèle à aiguille d’avant 2000, ayant appartenu à mon père. 19:14.

Le lieutenant ne va pas tarder à appeler, songeais-je.

Je posais ma tasse sur le rebord de l’établi entreprit d’essuyer le mélange de graisse et de gazole qui me maculait les mains.

C’est alors que mon terminal se mit à vibrer.

> Transmission entrante

Évidemment…

Je lançais le chiffon sur un coin de l’établi, en prenant gaffe à ne pas l’envoyer dans mon café, puis tendit le bras pour saisir une boule en plastique blanc posé sur un socle. J’appuyais sur un bouton présent à sa surface, non sans y laisser une large empreinte grasse et noirâtre. La petite sphère, de la taille d’une balle de tennis, déplia quatre rotor miniatures et décolla doucement de ma paume.

Arrivé à hauteur de visage, elle déploya une petite caméra et j’en profitais pour saisir mon terminal pour décrocher.

L’image me montra ce que j’identifiais comme un bureau avec une chaise. Vide.

Les murs étaient nus et le béton s’effritait. Par l’intermédiaire d’une fenêtre poussiéreuse, je devinais aux flashs violets qu’un violent orage frappait la Pologne. En arrière-plan, une porte ouverte sur ce qui me semblait être un dortoir avec des lits superposé. Un genre de baraquement peut-être ?

Une voix, parlant anglais avec un léger accent allemand, hors du champ de la caméra, me parvint :

« J’arrive Marc, une minute ! … Non, c’est pas à toi que je parle. … Oui j’en ai absolument besoin. … Comment ça, « pour quand » ? Pour hier bougre de Dieu ! … Y a intérêt sinon j’applique des pénalités. … C’est ça, « à bientôt » !

L’instant d’après un homme à la quarantaine bien tassé rentra dans le cadre et vint s’asseoir (virtuellement) en face de moi. Son visage était un intéressant mélange entre Igor, boxeur russe au nez plusieurs fois cassé, et Hans, archétype de l’allemand à la mâchoire carré.

Une fine barbiche et une moustache à l’anglaise, évoquant celle d’un mousquetaire, ainsi que des cheveux grisonnants, rasés sur les côtés et ramenés en queue de cheval, parachevaient ce surprenant tableau.

Face à mon visage affichant de nettes traces de cambouis, il leva un sourcil. En guise de bonjour, il se contenta d’un :

« En plein bricolage ?

— On peut dire ça. Je révise le moteur de ma voiture.

— Quel modèle ?

— Audi A4, modèle 2013.

— Ça roule encore ce genre de petite chose ? demanda-t-il, visiblement surpris.

— Plus aucun garage ne prend de diesel en charge depuis un moment par ici, alors je répare et révise moi même.

— Tout se perd ma bonne dame, commenta-t-il avec un large sourire.

— Vous ne m’avez pas appelé parce que je sais réparer les vieux moteur diesel, enfin j’espère…

— Ah. Tu est plus proche de la vérité que tu ne le pense, mais j’y reviendrai. Tu indique sur ton profil que tu est un ancien mécanicien en propulsion navale. Tu as servis sur quoi ?

— Le Suffren.

Il y eu un instant de silence.

— Moche. 20 survivants à peine, c’est ça ?

— 18, répondis-je laconiquement. Deux de mes camarades sont morts sur le trajet pour l’hôpital.

— Moche, répéta-t-il, d’un air légèrement désolé. J’en déduis que les endroits étriqués ne te font pas peur ? continua-t-il comme si de rien n’était.

Sa question recelait une sous-question que je n’arrivais pas cerner et j’en vint à froncer les sourcils.

— Pas plus que ça. C’est comme le vélo : l’habitude de bosser en milieu confiné ne se perd jamais vraiment.

— C’est bien. C’est très bien même… Est-ce que tu sais ce qu’on fait chez KSS ? enchaîna-t-il avec nonchalance.

La discussion prenait une tournure qui ne me plaisait guère mais je décidais de voir où tout ça allait m’emmener.

— Votre page publique précise « Service d’escorte et de protection ». Mais de nos jours, ça veut tout dire et rien dire. Si vous m’appelez de Pologne – et par Pologne j’entends Jarosław – ça veut dire que votre théâtre d’opération est la Zone Européenne ou ses alentours immédiats.

— Tu percute vite. C’est exact, on bosse dans la Zone Européenne. On fait dans l’escorte de convois humanitaires. Et parfois quelques journalistes. Ça paye bien et c’est assez peu risqué. Bien sûr on est pas à l’abri des milices locales et autres parasites, mais bon, c’est le métier qui veut ça…

Tout en l’écoutant, j’en profitais pour attraper un cigarette, une gitane sans filtre.

— Huhum… J’imagine qu’il vous manque un mécanicien. Vous escortez avec quels types de véhicule ? Des chars-drones et quelques VTB ? répondis-je en allumant ma clope d’un coup de Zippo.

— Non, avec un Mécha. Un Ogre, lâcha t-il simplement.

Merde, merde, merde, merde. Mais comment il sait ça lui ?!

Satisfait de son petit effet, Kovacs continua :

— Et tu as raison, il me manque un mécanicien-pilote.

De mieux en mieux…

— Oh ne fait pas cette tête là ! J’ai de très bon contacts chez Rheinmetall, me dit-il devant mon air renfrogné. Ton CV est plus fournis que ce que tu as bien voulu mettre sur LanceNet.

— Vous m’en direz tant… répondis-je après un soupir. Il en reste combien des comme ça ? 10 ? 12 ? Allez, 15, à tout casser.

— 14.

— Qu’est ce que je disais… Pourquoi moi ? questionnais-je. Je n’étais que pilote d’essai.

— Ça fait de toi le seul pilote d’Ogre présent sur le marché.

— Forcément… On parle de combien précisément ?

— Ah. J’aime bien quand on commence à parler « business ». 60k net annuel, avec une prime par opération. Pas de caisse de retraite, à toi de faire gaffe de ce que tu fais de ta solde.

— Montez à 75k et je suis votre homme, déclarais-je.

Kovacs haussa un sourcil, à la fois amusé et surpris.

— Je sais ce que je vaut en tant que mécanicien et en tant que pilote. Et puis, vous l’avez dit vous-même : je suis le seul sur le marché.

— Va pour 75k. Contrat d’un an. Une femme, des enfants ?

— Une femme et un fils. Il a bientôt 12 ans.

— Ils recevront respectivement 3 et 1 an de salaire en cas de décès, versés par les assurances. C’est pour ton gamin que tu t’engage ?

— Oui. Il arrive à la fin de l’école publique. Le salaire d’infirmière de ma femme et mes p’tits boulots de mécanicien, c’est bien insuffisant pour lui payer le collège.

— Je comprends. Et Madame, elle en pense quoi ?

Je haussais les épaules.

— On en à pas mal parlé. La Zone Européenne c’est pas si loin et même si c’est pas la plus calme d’entre toutes, je suis quelqu’un de prudent.

— C’est tout ce que je demande de mon futur pilote. Deal ?

J’eu un bref moment de réflexion.

— Deal, lâchais-je.

— Parfait. Je te fait parvenir le contrat électronique dans la nuit. Je vais également joindre un billet d’avion pour Rzeszów en date du 17, au matin. De là, tu devrais arriver à trouver un taxi ou un bus pour Jarosław. Questions ?

— Des trucs à prendre avec moi ?

— Je fournis la tenue et un trousseau de base. On a de la place pour ton sac et ce que tu arrivera à caser dedans. Ta Carte d’Identité de Mercenaire part par drone postal demain matin. Je prend ta photo sur ton profil LanceNet ?

— Ouais, elle est potable.

— Parfait, de mon coté tout est bon. Reste joignable d’ici à ton arrivée. On se revoit très vite.

— Dernière question : je dois vous appeler Lieutenant maintenant ?

Ma question le fit sourire.

— Oui, mais tu ne devrait pas être dépaysé de ce côté-là.

— Compris Lieutenant. À très bientôt.

> Transmission terminée

 


Warlord-017 est un roman-feuilleton, publié en exclusivité sur The Flares.
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Cet article a été écrit par :

Marc G.
Né en pleine Guerre du Golfe, j'ai construis mon imaginaire en regardant des films comme Predator, Alien ou encore Terminator. J'ai basculé dans la science-fiction militaire, non pas grâce à un film ou à un livre, mais grâce à un jeu : « Halo : Combat Evolved », sorti en 2001. Si vous aimez les histoires percutantes, violentes et menées tambour battant par des personnages hauts en couleurs, bienvenu dans mon univers, où le space-opera grandiloquent côtoie le techno-thriller angoissant...
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